Quand une anecdote donne naissance à une pub

J’ai envie de vous raconter une tranche de vie. Dans la vie, je suis chanteuse (de formation), mais la vie m’a amenée à travailler également comme comédienne sur scène et au petit écran. En février dernier, j’ai vu passer un casting ouvert aux comédiens clients de la compagnie Rogers. Nous devions tout d’abord écrire à la directrice de casting pour lui raconter une anecdote s’étant passée avec notre téléphone. J’ai décidé de me lancer.

J’en ai raconté deux. Dans l’une d’entre elles, je racontais que j’étais artiste pour enfants, que je voyageais beaucoup et que mes enfants et moi nous servions beaucoup de FaceTime, pour communiquer. J’ai donc toujours mon téléphone avec moi, quand je suis sur la route. À tout moment, mes enfants apparaissent sur mon écran pour me raconter leur journée, me poser des questions (où sont mes bas de soccer, Maman?) ou me demander des bisous à distance. Cette histoire a touchée l’équipe de casting, qui m’a ensuite proposé de faire une vidéo d’audition. Je devais raconter mon histoire devant la caméra.

Je me suis préparée rapidement; je n’avais pas beaucoup de temps pour réaliser le tout. J’ai même demandé la collaboration de mes enfants, à leur arrivée de l’école. Puis, j’ai envoyé la vidéo, sans trop réfléchir.

L’équipe a aimé. La directrice de casting a proposé ma candidature à l’agence de pub, puis l’agence de pub a proposé ma vidéo à la compagnie Rogers.

Les jours ont passé. J’ai eu des meetings téléphoniques avec le réalisateur de Vancouver, le producteur de Toronto et l’équipe de création de Montréal. Je devais leur donner de la matière pour créer une pub qui allait nous ressembler et plaire à l’équipe de Rogers. « Est-ce que tes enfants font de la musique? Du sport? Que faites-vous quand vous êtes ensemble? » (Ici, je traduis, mais les appels-conférence étaient faits en anglais! Ouf! De quoi me dérouiller!) Quand ils ont su que deux de mes enfants allaient participer à un concours, Primaire en spectacle, et que nous aimions jouer de la musique, à la maison, ils ont décidé de prendre cette voie pour la création du scénario.

Finalement, le processus a suivi son cours et un mois et demi plus tard, nous tournions la publicité en question. C’est rare, des délais sont aussi longs, dans le monde de la pub.

L’équipe a travaillé de façon hyper-méticuleuse. Nous avons fait un essayage de costume à domicile; du jamais vu. Nous avons même reçu la visite du réalisateur de Vancouver et du producteur de Toronto à la maison. Ils voulaient rencontrer mes enfants pour qu’ils se sentent à l’aise, lors des jours de tournage. Je n’en revenais pas!

Nous avons été présents sur le plateau deux jours. Mes enfants (jumeau-jumelle de 10 ans) ont été extrêmement professionnels et patients. J’étais si fière d’eux!

Par la suite, je suis allée enregistrer la voix hors-champ en studio. J’ai eu le bonheur de faire ma voix en français, puis en anglais (même si j’ai un accent). Après tout, c’est la publicité qui représente le Québec! 😉

La publicité a été tournée avec un souci du détail, tant du côté « image » que du côté « émotion ». Le réalisateur voulait du « vrai ». Ce fut si agréable de travailler avec cet artiste talentueux et passionné! Mes enfants ne parlaient que de lui! Merci, Shaun!

Je tiens également à remercier Rogers, Tsu11Publicis Montréal, Casting Quarters, mon agente Lucie Charland, Daphnée Férole, de l’Agence Brigitte Rivet, ainsi que tous ceux qui ont participé à ce projet. Merci du fond du coeur pour votre confiance. Depuis que la publicité est en ondes, nous nous en faisons parler à tous les jours!

Tourner une publicité inspirée d’une anecdote de notre propre vie, ça n’arrive pas tous les jours! Ce fut une expérience des plus enrichissantes, pour mes enfants et moi. Cela restera assurément dans nos souvenirs de famille!

En terminant, voici la FAMEUSE publicité! (Version anglaise.)

(Je ne l’ai pas trouvée en français, en ligne, encore. Ça viendra sûrement! En attendant, je vous mets une captation faite avec un cellulaire, quand elle passe à la télévision!)

Et des photos souvenir…

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J’ai volé

Il y a plus d’un an, j’ai eu la chance de présenter une vitrine (extrait de spectacle) à la FrancoFête en Acadie. La FrancoFête, c’est un évènement où des producteurs, artistes et agents vendent leurs spectacles à des diffuseurs (salles de spectacle, festivals, municipalités, etc.). Il y a plusieurs évènements du genre, au Canada. La FrancoFête se tient à Moncton, au Nouveau-Brunswick.

Là-bas, j’y ai fait de belles rencontres. Par exemple, j’ai eu l’occasion de rencontrer une dame du Manitoba, responsable de la programmation au Centre culturel franco-manitobain. Elle a parlé avec mon agent, puis, peu après, je recevais une invitation à aller chanter à Winnipeg. C’était à l’automne 2015. Le mois de mai 2017 me paraissait alors bien loin! Or, nous y sommes, maintenant!

Le 8 mai dernier, nous devions planifier notre voyage : comment allions-nous faire voyager notre décor? Nous avons su que nous devions utiliser le service cargo de la compagnie aérienne, parce qu’un de nos emballages était trop grand. Nous ne savions pas comment cela fonctionnait. Ouf! C’était compliqué! Après deux heures à faire des appels, à mesurer et peser nos emballages, nous avons réussi à obtenir un prix et à aller de l’avant pour réserver la place pour nos précieuses illustrations géantes.

Jean-François (mon amoureux et partenaire, dans mon aventure lunatique) et moi avons bouclé nos valises le mardi 9 mai au matin. Nous devions arriver à l’avance à Dorval pour aller porter nos emballages à l’entrepôt du service cargo.

Arrivés sur place (merci, Google Maps!), nous avons fini par trouver le bâtiment. Nous nous sommes placés dans la file, mais rien n’indiquait que nous étions au bon endroit. Nous avons dû demander à quelques personnes comment cela fonctionnait, mais leurs réponses étaient minimales et floues. Notre voiture était entourée de gros camions et nous, de gens qui avaient l’air d’être des habitués de la place. Ma petite Anne-Lune mobile semblait minuscule, dans cet environnement. Et moi, je me sentais bien petite, dans mes culottes, avec mon décor de spectacle pour enfants! Hi! Hi!

J’ai vu arriver une cargaison de homards, puis de petits poussins qui faisaient « piou! piou! piou! ». C’était comique de voir tout ce qui voyage dans le ciel!

Nous avons fini par parler à un homme qui a pu nous aider. Nous avons pesé et mesuré à nouveau nos emballages, puis sécurisé le tout avec BEAUCOUP de « duck tape ». Avant de partir, j’ai demandé à JF de prendre une photo de moi avec mes emballages. « Au revoir, petits!  On se revoit à Winnipeg! » Ils ne doivent pas voir ça souvent, à l’entrepôt, des gens qui ont un tel attachement envers leurs colis!

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Par la suite, nous nous sommes rendus à l’aéroport pour arriver à temps pour notre vol. Nous avons stationné la voiture, attendu la navette (longtemps, pfff!), enregistré notre valise, passé la douane, dîné, marché pas mal (notre avion est arrivé à une autre porte que celle que celle qu’on nous avait indiquée), et, finalement, nous avons pu monter à bord de l’avion.

Cela prend environ deux heures et demie, sans escale, pour faire le voyage Montréal-Winnipeg. Il y a une heure de décalage avec le Québec.

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En arrivant, Hélène, la responsable de la salle de spectacle, est venue nous chercher. Nous sommes allés récupérer notre décor à l’entrepôt cargo, puis sommes allés préparer la scène à la salle de spectacle.

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Le mercredi matin, nous avons donné une représentation, puis nous avons pu profiter du reste de la journée pour aller visiter un peu la ville. Au menu: marche pour découvrir les principales attractions de St-Boniface, visite rapide du parc historique La Fourche (The Forks) et Musée canadien des droits de la personne de Winnipeg (c’est magnifique!). Nous avons donné un autre spectacle jeudi matin. Par la suite, nous avons repris l’avion vers la maison. Cette fois, notre décor a pris le même vol que nous jusqu’à Toronto, puis nous avons été séparés : nous avions une correspondance à prendre, alors que le décor allait faire le voyage Toronto-Montréal le lendemain matin. Nous avons dû retourner à Dorval pour le récupérer.

Quand j’étais petite, je voyais les artistes prendre l’avion et voyager avec leur musique. J’étais loin de m’imaginer qu’un jour, ce serait à mon tour de voler pour aller chanter, dans d’autres provinces de notre grand pays! Après avoir voyagé en avion en Alberta à deux reprises, puis à Matagami, à l’entrée de la Baie-James, voilà que j’ai pu visiter une ville du Manitoba. Et ce n’est pas fini! Le mois prochain, j’aurai le bonheur de me rendre à Vancouver, le temps de quelques spectacles! C’est vraiment chouette!

Je suis très fière, parce que nous travaillons très fort pour offrir des spectacles intéressants pour les enfants. Il y a trois ans et demie, nous avons mis notre petite boite de production sur pied. Depuis, nous apprenons de nouvelles choses à chaque jour. Nous avons la chance de compter sur une équipe solide et expérimentée, chez Pierre Gravel international, pour la gestion des engagements. D’ailleurs, je remercie mes collègues qui travaillent fort pour organiser ces voyages hors de notre province! Quand je pense à tout cela, je prends conscience de ma chance. Je la savoure, car je sais que c’est le rêve de bien des artistes!

Merci aussi à mes parents et à notre super gardienne Laurie qui prennent soin de nos cocos en notre absence. Sans vous, ces voyages ne seraient pas possibles!

Pour terminer, quel bonheur ce fut de vous présenter mon spectacle, amis du Manitoba! Merci pour votre accueil des plus chaleureux! J’espère avoir l’occasion d’aller vous revoir très bientôt! Je vous embrasse!

Je vous laisse avec quelques photos prises au cours de notre séjour!

Anne-Lune xx

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Le garçon aux p’tits oiseaux

Ou quand on ose proposer autre chose que la Pat’ Patrouille

Mon père est un passionné d’oiseaux. Plus que ça, en fait. C’est un passionné de photographie d’oiseaux. Les gens de son village le connaissent. Étant un grand marcheur, on peut l’apercevoir, armé de son téléobjectif, à l’affût du moindre battement d’ailes. Il a même un accès privilégié au terrain de certains citoyens, qui l’invitent à aller immortaliser les petites bêtes à plumes nichant chez eux.

C’est chouette, avoir un papa qui fait de la photographie d’oiseaux. Dans mon fil Facebook, j’ai une panoplie de clichés inspirant le calme et le grand air. J’apprends les noms des oiseaux, leurs particularités… C’est une belle passion qu’il partage avec nous, ses enfants, mais également avec son réseau.

Pour souligner l’anniversaire de mon plus jeune, mon père lui a écrit une magnifique lettre où il le comparait à un cardinal. Vous savez, ce bel oiseau rouge flamboyant? Fiston était tellement heureux… Il a gardé sa lettre précieusement.

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L’image accompagnant la lettre de mon père à son petit-fils. Une photo de cardinal prise à l’une de ses mangeoires. Crédit: Fabien Nadau

Puis, une semaine plus tard, ma mère m’a demandé: « Nous aimerions offrir un livre sur les oiseaux à ton coco. Penses-tu que c’est une bonne idée? Est-ce que ça fait « trop vieux »? » Hum. Bonne question! Dans les faits, le coco en question avait éclos huit ans auparavant… Un livre d’oiseaux en cadeau? Ben… pourquoi pas! Soyons fous! Faisons un pas à côté de la voie classique qui, elle, est parsemée de Playmobil, Lego, Beyblades et des personnages de la Pat’Patrouille!

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Le fameux livre reçu en cadeau. Crédit: Anne-Lune

Mes parents lui ont laissé le précieux sac, décoré d’un magnifique dessin de cardinal et débordant de papier de soie. Un vrai cadeau thématique!

À l’ouverture du sac, un point d’interrogation s’est dessiné dans le visage de fiston. Quand je lui ai expliqué ce que c’était, ses yeux sont devenus tout grands. Il s’est mis à le feuilleter frénétiquement. Il est tout de suite tombé sur la section « comment fabriquer une mangeoire », puis sur celle où l’on explique le mélange de graines à faire pour attirer tel ou tel type d’oiseau.

La fin de semaine suivante, je me suis rendue à la quincaillerie avec mon fils pour faire l’achat d’une mangeoire. Ça fait longtemps que j’en veux une, alors c’était un cadeau pour fiston, mais aussi pour moi! Nous avons finalement choisi un beau modèle de luxe: on voulait que nos oiseaux soient traités aux petits oignons! Hi! Hi!

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Roselin pourpré à l’heure de la collation. Crédit: Anne-Lune

Sur le chemin du retour, fiston me demandait sans cesse: « Quand est-ce qu’on arrive, Maman? » Il avait tellement hâte d’arriver à la maison et de montrer notre belle mangeoire à son frère, sa soeur et son père!

En arrivant à la maison, nous avons installé la mangeoire bien en vue, accrochée à une branche de l’arbre, devant notre maison. Chaque matin, nous nous faisons un plaisir d’observer les oiseaux qui viennent se remplir la panse: cardinaux, geais bleus, quiscales bronzés, juncos ardoisés, étourneaux sansonnets, sittelles à poitrine blanche, moineaux… Wow! Tant de couleurs et de formes différentes à admirer!

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Tourterelle triste et geai bleu, en file d’attente à la mangeoire. Crédit: Anne-Lune

Quand nous n’arrivons pas à reconnaître l’oiseau, nous cherchons dans le beau livre de mon garçon. Nous avons aussi débuté un cahier dans lequel nous notons la date et le nom des oiseaux que nous avons observés. C’est, en quelque sorte, un registre que nous pourrons consulter, au fil des années. Nous pourrons en apprendre davantage sur les migrations. Tout ça le ravit! Vous devriez le voir: il y a plein d’étoiles, dans ses yeux, quand il parle d’oiseaux. Puis, quand il part pour l’école, le matin, il me lance, complice: « Maman! N’oublie pas de regarder quels oiseaux vont venir, ce matin! »

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Notre registre « à la bonne franquette ». Crédit: Anne-Lune

La semaine dernière, une dame est allée faire une présentation sur les oiseaux, à l’école. Elle demandait aux enfants s’ils étaient capables d’identifier certaines espèces. À un moment, elle a montré l’image d’un pic. Les enfants ont tous répondu que c’était un pic-bois, sauf fiston, qui a précisé: « C’est un pic mineur. » La dame était, semble-t-il, bien impressionnée. J’étais bien fière de lui, quand il m’a dit ça… et lui aussi! « J’en ai vu un, quand je suis allé prendre une marche avec grand-papa! » m’a-t-il lancé, comme si c’était une évidence. Cré coco!

Après réflexion, j’ai l’impression d’avoir assisté à la naissance d’une passion. Mes parents ont osé offrir un cadeau « hors du commun » à mon enfant et je les en remercie. Ils ont allumé une étincelle. Est-ce une passion passagère? Peut-être. Peut-être aussi que ce cadeau restera gravé dans sa mémoire pour la vie! Ça ne m’étonnerait pas du tout!

Alors, osons! Osons sortir des sentiers battus et faire découvrir des choses aux enfants. Ils ne le réaliseront peut-être pas dans l’immédiat, mais un jour, ils vous remercieront peut-être de les avoir ouverts sur un nouveau monde!

 

P.S. Si vous souhaitez vous procurer ce livre, le titre est Le grand livre pour attirer les oiseaux chez soi, aux Éditions Broquet.

P.S. Un souvenir revient à ma mémoire, en écrivant ce texte (merci Maman!). En maternelle, mon autre fils rêvait d’avoir un livre sur le corps humain. C’est, encore une fois, ses grands-parents qui le lui ont acheté. Il avait fait une présentation sur le fonctionnement du système nerveux, dans sa classe. Ça m’avait tellement étonnée et impressionnée! Il voudrait devenir chirurgien. Il ne le sera peut-être pas, mais c’est beau de le voir rêver! Osons!

 

 

Sources photos:
‘Playmobil’ Producers Blast Weinstein Company in Cross-Complaint
https://www.lego.com/en-us/city/videos
http://www.nautiljon.com/animes/metal+fight+beyblade.html
http://hachette-jeunesse.com/paw-patrol-la-pat-patrouille

Partie de moi – documentaire

Une amie vient de partager ce documentaire au sujet de la pelade (alopécie), sur son profil Facebook. Je me devais de partager le lien à mon tour, car je sais que plusieurs personnes qui me lisent ici ont aussi cette maladie auto-immune.

« Partie de moi » aborde un sujet généralement méconnu : la chute de cheveux chez les femmes. Celles-ci perdent du coup leur confiance, trop souvent rattachée à l’apparence et à la beauté. Le documentaire s’intéresse à Karène, la femme du réalisateur, atteinte d’alopécie et qui est prête à tout faire pour retrouver sa confiance et son assurance dans la beauté qu’elle dégage, mais aussi à trois autres femmes de générations différentes, aux prises également avec cette perte : Madeleine, 17 ans, Jenny, 30 ans et Marie-Claude, 60 ans.

C’est très touchant et bouleversant d’entendre des gens parler de ce par quoi je suis passée. Je me sens parfois seule, dans ma petite bulle, à jongler avec mes humeurs, mes perruques, mes soucis capillaires…

La phrase que je retiens de ce documentaire? « Ceux qui t’aiment, t’aiment. » Voilà qui est dit!

Bonne écoute!

Cliquez ici pour visionner sur le site de Radio-Canada. (Notez qu’il est possible de mettre les sous-titres en cliquant sur la bulle, à côté de la ligne de chrono, au bas de l’écran de la vidéo, sur le site de Radio-Canada.)

(Pour les lecteurs d’outremer, l’accent qu’on entend dans le documentaire est celui de francophones du Nouveau-Brunswick. C’est joli comme tout, n’est-ce pas?)

Qu’est-ce qu’elles ont, mes mains?

L’hiver, j’ai les mains gercées. En les observant, aujourd’hui, je me suis rappelé avoir écrit ce texte, du temps que je tenais le blogue Maternit-Anne. (Eh! Ça fait quand même plus de dix ans que je blogue!) Je vous le partage ici, parce qu’il est toujours d’actualité!

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Mes mains

La fin de semaine passée, je me suis fait demander, par une connaissance: « Oh! Mais qu’est-ce qu’elles ont, tes mains? Elles sont toutes rouges! »

J’aurais bien voulu répondre en long et en large. J’aurais voulu raconter que mes mains récurent des éviers, des bains, des douches. Qu’elles plongent dans l’eau pour frotter la vaisselle ou pour laver des visages, des petites fesses, des petits cheveux. Qu’elles font au bas mot une dizaine de brassées de lessive par semaine. Qu’elles détachent et plient des vêtements. Qu’elles accrochent des couches sur la corde. Qu’elles sortent les poubelles, le recyclage, le compost. Qu’elles paient des factures. Composent des numéros de téléphone. Qu’elles attachent des petits manteaux. Qu’elles gèlent, à l’extérieur, lorsque je dois enlever mes mitaines pour replacer un chapeau ou une mèche de cheveux qui traîne dans le visage d’un de mes enfants. Qu’elles passent sous l’eau et le savon à chaque fois que j’arrive à la maison. Chaque fois qu’un de mes enfants va au petit coin ou que je change une couche. Chaque fois que je prépare un repas. Que j’essuie un petit nez qui coule. Que je retourne à la préparation de la nourriture. Mes mains nourrissent.

J’aurais voulu répondre que mes mains battent la mesure. Qu’elles s’amusent sur les notes du piano ou les cordes de la guitare. Qu’elles immortalisent des souvenirs. Qu’elles communiquent à l’aide de gestes ou en chatouillant le clavier d’ordinateur. Mes mains, prolongement de ma pensée.

J’aurais voulu répondre que mes mains applaudissent les succès de l’un et de l’autre. Qu’elles essuient des larmes, flattent des dos, caressent des joues. Que même rugueuses, elles sont emplies de douceur.

J’aurais voulu exprimer tout cela. Mais comme je redoutais que l’on n’écoute la réponse, j’ai simplement dit: « Ben… Ce sont des mains de maman! »

(Présentes sur la photo: ma main et celle de mon plus jeune, quand il était bébé!)

Sortir de la boîte

Ce matin, j’ai vu une vidéo passer sur Facebook: Alike. C’est un court film d’animation au sujet du conformisme. En visionnant le film, j’ai pleuré. Ce sujet m’interpelle beaucoup. Quand on est jeune, on se fait vite mettre dans une boîte. Que veux-tu faire, dans la vie? Quel métier voudras-tu pratiquer? Tu veux faire un métier artistique? Oh! C’est beaucoup trop incertain, tu devrais plutôt choisir un métier stable.

Certaines personnes prennent un autre chemin que celui dont elles rêvaient et perdent leur couleur, deviennent fades, ternies. Les épaules arrondies par une routine qui ne leur convient pas, elles pratiquent un métier qui convient, sans plus.

De mon côté, je sais depuis le primaire que je veux faire de la musique mon métier. Depuis que mon frère m’a mis une guitare dans les mains, en fait. Même l’orienteur de école secondaire n’a pas réussi à me faire démordre de mon projet: je voulais aller au cégep, en musique. Elle m’a faire connaître le programme de musicothérapie, mais je l’ai vite balayé du revers de la main. C’est la scène, qui m’attirait!

J’ai eu la chance d’avoir des parents ouverts. Je me souviens très bien, quand j’ai dit à ma mère, en haut des escaliers: « Ce serait peut-être plus sage de faire un double DEC, en musique et sciences humaines… » Ce à quoi elle a répondu: « Pourquoi tu ne plonges pas seulement dans la musique? Ça fait des années que tu en parles. Fonce! » Forte de la bénédiction maternelle, je me suis inscrite en chant au cégep de Drummondville, puis au baccalauréat en interprétation jazz, à l’Université McGill. Sept ans d’études post-secondaire en musique. Quand même! 😉

À votre avis, combien d’enfants se font décourager, d’aller dans un métier artistique ou dans un métier qui les passionne, faute d’ouvertures? Combien de jeunes passent à côté de leur passion pour aller vers un emploi stable, plus payant, plus sûr?

Quand mes enfants sont entrés à la maternelle, j’ai eu un choc. Je me suis rendu compte à quel point ma vie n’entrait pas dans « le moule ». Le moule du métro-boulot-dodo. Du service de garde à tout prix. Du « on-ne-voit-ses-enfants-que-deux-heures-par-jour ».

Je me suis sentie à l’étroit. Je pleurais ma vie, en écoutant cette magnifique chanson de Charlie Winston (que je vous mets à la fin de ce billet). Pourquoi on m’imposait un système, une façon de vivre? J’ai pensé faire l’école à la maison pour garder ma liberté. Notre liberté. Or, j’ai eu peur. Peur de ne pas être à la hauteur, peur de ne pas être assez disciplinée. J’ai donc envoyé mes enfants à l’école, la mort dans l’âme.

Plus tard, j’ai essayé d’entrer dans la boîte. Après avoir été maman à la maison pendant quelques années, je me suis ramassée, au début de la trentaine, avec trois jeunes enfants, belle-maman de deux autres, et des rêves dans la tête… Je rêvais d’avoir les moyens d’avoir une plus belle et grande maison, de voyager, de leur permettre de vivre toutes sortes d’expériences incroyables. Découragée, je me suis dit que ce n’était pas avec le métier artistique que j’allais y parvenir… Je suis allée consulter un orienteur. Encore.

Après plusieurs rencontres, j’ai décidé de commencer un baccalauréat en travail social, à temps partiel, à l’UQÀM. Après quelques sessions, une longue grève est venue mettre une entrave à ma motivation (la fameuse grève de 2012). Pendant cette pause de cours, j’ai mis les bouchées doubles pour me trouver des contrats en musique et comme comédienne, puis je me suis rendu compte que j’arrivais à en vivre! Pas riche, certes, mais j’arrivais financièrement.

Quand est venu le temps de reprendre les cours, à l’automne, après plusieurs mois de grève, je n’y suis pas retournée. Terminer ma session à quatre soirs par semaine, avec ma vie de famille, c’était impossible. Puis, j’étais déterminée. J’ai toujours voulu vivre de ma passion. J’allais donc tout mettre en oeuvre pour que ça fonctionne.

À l’hiver, nous avons décidé, mon amoureux et moi, de démarrer notre projet de chansons pour enfants (à partir d’un livre-disque que nous avions créé quelques années plus tôt). Ce projet est devenu beau et grand, nous fait vivre une panoplie d’émotions et nous amène à nous dépasser continuellement.

Mes enfants ont des parents qui entrent difficilement dans le moule. Nous travaillons parfois les soirs, souvent les fins de semaine. Ils se font parfois garder plusieurs jours et nuits quand nous partons en tournée. D’autres fois, nous les amenons avec nous (je vous invite à lire cette belle aventure). Nous avons une maison modeste. Ça fait des années que nous n’avons pas voyagé en famille. Or, ils peuvent généralement venir dîner à la maison et ne fréquentent le service de garde qu’en cas d’extrême urgence. C’est le choix que nous avons fait pour avoir un équilibre.

Vous allez peut-être me dire: « Oui, mais toi, ce n’est pas pareil. Tu as du guts! » Non, je n’en ai pas plus que vous. Je suis une stressée, angoissée. J’ai plein de peurs, de craintes. Je ne suis pas toujours positive, j’ai mes hauts et mes bas. J’ai simplement pris la décision d’essayer des affaires, de prendre le contrôle sur ma vie, parce que personne ne peut le faire à ma place!

Ce matin, suite à l’écoute du film d’animation, j’ai envie de vous dire qu’avec toutes les facettes de notre personnalité, nous pouvons faire ce que nous voulons de notre vie. Soyons créatifs. Soyons ouverts. Osons sortir du moule. Soyons colorés et colorons le monde qui nous entoure. Soyons un modèle pour nos enfants: tout est possible. Soyons fous!

Come on darling
You can take my hand
Blowing kisses in the wind
We’ll fly away
In our dreams
From the boxes
They’ll put us in 

(Charlie Winston)

Les enfants ont cette capacité de s’émerveiller. Je sais que ce n’est pas toujours facile de prendre le temps pour cela, mais inspirons-nous d’eux. Faisons un détour pour admirer, découvrir un nouveau coin, un nouvel angle de notre vie rangée. Ne soyons pas des éteignoirs; soyons des phares. Soyons le feu de Bengale qui met des étoiles dans les yeux. Permettons à nos enfants de développer leurs passions et leur potentiel. Encourageons-les. Soyons à l’écoute de ce qu’ils veulent. Soyons fiers d’eux. Soyons fiers de nous.

En écrivant ces mots, je me le rappelle aussi à moi-même, car je suis comme vous: pressée, expéditive, soucieuse et paresseuse à l’occasion! J’y vais souvent par le chemin le plus court… Or, le chemin le plus long est parfois le plus riche en expériences de toutes sortes!

Alors, ce matin, je vous souffle des baisers dans le vent et vous emmène dans un rêve un peu fou. Fffffffffff!

Que feriez-vous si vous pouviez vous évader de la boîte? Qu’attendez-vous pour le faire?

Anne-Lune xxx

Se brasser les fourmis

J’ai des fourmis dans les jambes. À ma connaissance, ce n’est pas de naissance. Je ne me souviens pas d’avoir ressenti une envie incontrôlable de bouger, quand j’étais petite. Or, depuis quelques années, c’est terrible! Pourtant, ça devrait se calmer en vieillissant, non?

Pour moi, rester assise longtemps, c’est presque de la torture! Regarder un film de plus de deux heures, au cinéma, ben… j’trouve ça vraiment long! (Disons qu’il a affaire à être bon en bébitte!) Quand je suis en tournage, je m’organise pour aller marcher, sur mon heure de dîner, afin de prendre un bol d’air et changer de posture. À la maison, si j’ai à être longtemps à l’ordinateur, j’utilise un ballon d’exercice pour pouvoir grouiller pendant que j’écris. Oui, c’est un peu intense, mon affaire. Je sais.

Le pire, pour moi? Passer une journée sans faire de sport. Si je ne vais pas courir ou prendre une marche, je CAPOTE! Je passe ma journée à essayer de trouver un moment, dans mon horaire, pour inclure une petite séance de bougeotte. Parfois, c’est l’énergie qui fait défaut, en soirée (surtout quand je me lève aux petites heures pour le boulot ou le hockey des enfants).

Plus tôt, aujourd’hui, j’ai ri de moi. Je faisais ma valise pour mon voyage en Ontario (où je vais donner des spectacles) et quelle a été la première chose que j’ai mise dedans? Ben oui! Mes vêtements de course! Je me suis demandé si j’étais la seule à agir de la sorte… Suis-je normale, docteur?

Là, vous allez peut-être vous dire: « Ok, Anne-Lune, tu n’y vas pas un peu fort? » Pas du tout! Si je ne sors pas bouger, je ressens des effets physiques et psychologiques. Je deviens une vraie p’tite nature: je digère moins bien, je dors moins bien et, ma famille vous le dira, je ne suis plus du monde! Je deviens impatiente, grognonne et têtue. Eh, là, là!

Dans ces moments-là, je sais ce que je dois faire: planifier une longue sortie de course. La semaine dernière, ça m’est arrivé: deux jours de tournage, puis une journée de spectacle et de temps en famille… Je n’ai pas pu courir… Alors dimanche, je suis allée courir 21 km. Toute seule. Sans musique. Avec le simple bruit de mes pas et des idées qui brassaient dans ma tête. Je me disais que:

Bouger, ça fait du bien au corps.
Ça fait du bien à l’âme.
Ça relâche les tensions.
Ça fait sortir le stress.
Ça favorise la créativité. Si vous saviez tout ce qui se passe dans ma tête, quand je cours!
Ça me rend fière. C’est quelque chose, choisir les chaussures de sport plutôt que le divan!
Ça me permet de trouver facilement le sommeil, le soir venu.
Ça me donne envie de bien m’alimenter, pour donner du bon carburant à mon corps. (Mais je suis loin d’être parfaite! J’aime bien les petits plaisir salés et sucrés! Hi! Hi!)
Ça m’aide à être plus concentrée.
Ça me donne l’impression d’avoir un certain pouvoir sur ma santé et sur ma vie en général.
Ça me fait du bien au moral, quand je suis déprimée ou anxieuse.
Ça me donne envie de me dépasser, de relever des défis. Et quand je me dis, pendant un marathon, que ce sera mon dernier (une vraie Dominique Michel! Fini-i-i!), le lendemain, je cherche à m’inscrire à une nouvelle course.
Ça me sort de ma zone de confort. Je me sens vraiment « wild » quand je m’inscris à une course loin de chez moi!
Ça me fait rencontrer plein de gens super intéressants et inspirants qui ont la même passion pour la bougeotte que moi! Si je m’entraîne généralement seule, je les fréquente sur des groupe de course à pied, sur les réseaux sociaux, et je les vois lors des courses officielles. Je ressens un grand bonheur et un sentiment d’appartenance à chaque fois!

En 2017, je continuerai à bouger. Je ne peux pas m’en empêcher. J’aurai le bonheur de bouger avec les enfants, avec mon tout nouveau spectacle. Je vais y inclure plein de chorégraphies pour défouler encore pluuuuuuuus! Youpi!

Je me suis amusée à faire un petit montage d’extraits de clips où je danse. Rien qu’à voir, on voit ben… J’ai la bougeotte! Hi! Hi!

Tenez-vous bien, les fourmis: vous n’avez pas fini de vous faire brasser! 😉

Source dessin de souliers de course

Une question de différence

Quand on a une tête différente, on se fait poser des questions. Plein de questions!

Parfois, on se fait aussi inviter, dans différents médias, pour parler de notre différence.

Pendant les vacances des Fêtes, je me suis rendue à Beloeil pour rencontrer l’animatrice Marie-Ève Gaudreau, qui avait des questions à me poser au sujet de la pelade.

Si vous êtes déjà posé la question: « Anne-Lune… pourquoi des fois, tu as des cheveux, et d’autres fois, tu n’en as pas? » La réponse dans la vidéo ci-bas!

P.S. J’étais enrhumée! Excusez ma voix faible et mes petits yeux larmoyants! 😉

P.P.S. Le sujet vous intéresse?

 

Regarder derrière pour mieux aller devant

Année 2016… Tu sembles avoir été difficile pour plusieurs d’entre nous. Maintenant que nous te laissons derrière pour mieux aller devant, comment te sens-tu? Heureuse, triste ou soulagée?

De mon côté, chère 2016, tu m’auras forcée à réaliser que je ne suis pas invincible. La perte de mes cheveux, due à la pelade, a miné mon moral pendant tout l’été, jusqu’à devoir les raser, au début septembre (vous pouvez lire mes textes Le jour où je suis devenue chauve, puis La dame au coco tout nu : La suite, sur le sujet). Quelle aventure, tout de même!

J’ai appris à aller au front et de tenter de faire tomber des tabous au sujet de la perte de cheveux. Cela peut sembler superficiel, mais non… Perdre ses cheveux, c’est avoir l’impression de perdre sa féminité, son identité. C’est se remettre en question. C’est inquiétant. Apeurant.

J’ai répondu à de nombreuses questions. Je suis même allée dans les médias. Puis, j’ai trouvé les outils pour continuer à travailler. J’ai appris à utiliser les perruques. Ça aussi, c’est un tabou. Les gens qui en portent n’en parlent généralement pas ouvertement. Pour ma part, j’ai décidé de « jouer » avec tout ça. D’assumer. C’est moins facile que je l’aurais cru.

Au départ, je ne portais pas mes perruques dans ma vie de tous les jours. Ce n’est que tout récemment que j’ai osé en porter à la maison. Cela peut vous paraître étrange, mais ça me fait parfois du bien de me voir avec des cheveux. Ça me permet de me coiffer, de me trouver « cute », de retrouver un brin d’estime de moi-même. Je réalise que je suis plus coquette que je le pensais!

Ma tête ressemble à un globe terrestre et on m’appelle Anne-Lune. Belle ironie que celle-ci, pas vrai?

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Il y a tout de même quelques avantages… Je peux porter plusieurs looks dans une même journée, ce qui ravit les coiffeuses, sur les plateaux de tournage! Tenez, je vous partage quelques photos de casting, pour le plaisir! 😉

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J’ai l’impression que cette aventure me rend plus forte. Je suis suivie par ma dermatologue. On souhaite que les cheveux repoussent bientôt! Je suis parfois découragée, mais j’essaie de garder le moral et de remettre tout ça en perspective. Ma santé globale n’est pas en jeu. À part les cheveux, ça va bien!

Côté boulot, 2016 aura été la troisième année de mon beau projet de chansons pour enfants. J’ai évolué et j’ai beaucoup appris sur le jeune public. J’adore les enfants et j’ai plein d’idées pour mon nouveau spectacle. C’est très motivant! J’ai déjà hâte de m’y remettre, en janvier.

2017… Que nous réserves-tu? As-tu hâte de montrer de quoi tu es capable?

Moi, j’aimerais que nous nous lancions un défi: celui de faire davantage de bonnes actions. Je me dis que c’est ainsi, qu’on change le monde. Que ce soit en prenant le temps d’appeler un ami, de lui payer un café, de nous impliquer dans notre communauté, d’offrir nos services, nos talents, notre oreille ou notre support à quelqu’un qui en a besoin, posons de bonnes actions. Je nous souhaite de devenir de meilleures personnes. Comme le bon vin qui vieillit! Ne soyons pas acides, amers ou bouchonnés! Soyons meilleurs!

À tous et à toutes, que 2017 soit une terre fertile, pour faire pousser du beau et du grand!

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Merci d’être à mes côtés, dans les joies, comme dans les moments difficiles! Vous faites mon bonheur!

Anne-Lune xx

En 2017, suivez-moi!

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