Un saut à la Fête des neiges de Montréal

La semaine dernière, ma famille et moi avons eu la chance d’être invités au lancement de la programmation de la Fête des neiges de Montréal, au Parc Jean-Drapeau. Nous nous nous sommes rendus là-bas pour faire l’essai d’activités qui sont disponibles lors de la fête hivernale. Quel privilège! Je ne voulais pas manquer ça! J’en ai même profité pour tourner des images afin de créer une courte publicité de mon spectacle à la Fête des neiges. Vous pourrez voir la vidéo à la fin de ce billet!

Arrivés au Parc Jean-Drapeau, nous étions très excités par toutes ces jolies lumières installées un peu partout. Nous avons d’abord essayé les glissades du bateau de glace. Chouette! Ça glissait super bien! (Balthazar a beaucoup aimé glisser avec nous!) Nous aurions pu rester là longtemps, mais nous avons poursuivi notre chemin pour découvrir le reste du site. Il y avait beaucoup de choses à voir!

Sur la scène, le DJ Cyusa, habillé de couleurs vives, faisait groover la place. Nous avons dansé un peu, puis les organisateurs nous ont invités à admirer les talents d’un sculpteur sur glace. Celui-ci, armé de sa scie mécanique et sa torche, a créé une magnifique licorne glacée, en quelques minutes! Impressionnant!

Par la suite, il y a eu un mot d’accueil, puis nous avons pu continuer à profiter des installations. Nous nous sommes tout de suite dirigés vers les chiens de traîneaux. Il faut dire que ma fille est une amoureuse des chiens et elle rêvait de vivre cette expérience depuis longtemps! Après un peu d’attente, nous avons pu embarquer (mes garçons dans un traîneau, puis ma fille, Balthazar et moi dans un autre). Les chiens travaillent fort! Ouf! Si ça vous dit d’essayer, sachez que cette activité est payante (les tarifs sont sur le site Web) et que vous devez réserver en arrivant sur le site. Cela vous évitera de faire une longue file d’attente!

En quittant l’espace canin, mon fils de 11 ans tenait absolument à essayer la Tyrolienne. Je l’ai accompagné, pendant que les autres allaient casser la croûte. Après un bon moment d’attente, nous avons pu entrer dans la roulotte où on allait lui installer son harnais. Sur un coup de tête, j’ai décidé de l’accompagner! Aïe, aïe, aïe! Quelle folie! C’est en montant les marches de la grande tour que je me suis aperçu à quel point c’était haut! Mon fils s’est élancé avant moi. Je l’ai trouvé tellement courageux! Je n’allais quand même pas reculer… Je me suis élancée dans le vide quelques minutes après qu’il soit arrivé à l’autre bout du fil. Quelle montée d’adrénaline! J’ai crié comme une folle, mais j’ai adoré! À noter: pour pouvoir faire l’expérience de la tyrolienne, vous devez vous procurer l’Accropasse et réserver une plage horaire à la billetterie en arrivant sur le site. Il en est de même pour le Grand saut, que nous n’avons toutefois pas essayé, faute de temps.

Nous sommes ensuite allés souper. À l’aire de restauration, plusieurs foodtrucks nous attendaient. J’ai choisi un sandwich schnitzel du camion Das Food Truck. Délicieux! On trouve des dispositifs de chauffage radiant à l’espace prévu pour manger (Faim de loup). Ça nous a permis de nous réchauffer un peu! Sachez qu’il est aussi possible d’apporter notre lunch et d’aller se réchauffer à l’intérieur, au complexe aquatique. Il y a même des four à micro-ondes disponibles. Vous avez un bébé? Il y a aussi la Halte-Bébé qui vous permettra de nourrir et changer votre petit dans un coin confortable!

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Parlant de confort, je tiens à mentionner un petit détail. En arrivant sur le site, mes enfants avaient envie d’aller au petit coin. Nous avons vu des toilettes chimiques, mais brrrr! Je me disais que nous allions nous geler les fesses! Or, les organisateurs ont pensé à tout! Ils ont prévu du chauffage dans les cabines et un petit panier pour déposer les mitaines. Brillant!

 

 

Je ne nommerai pas toutes les activités de la Fête des neiges, car elles sont très nombreuses et variées! La plupart d’entre elles sont gratuites. Je vous invite à visiter le site Web de l’événement pour tous les détails.

Là, vous vous demandez peut-être pourquoi je vous parle de tout ça avec autant de bonheur et enthousiasme. C’est pour vous donner envie de venir faire votre tour le dimanche 28 janvier 2018, alors que j’y donnerai mon spectacle, à 14h! Je vous ai même concocté une petite bande annonce, lors de mon passage au lancement. La voici!

Alors, le 28 janvier, rendez-vous, à 14h, devant la scène, pour une heure de musique et de plaisir! Balthazar et moi avons très hâte de vous voir! À bientôt!

La roue d’inspiration

J’essaie d’en faire un rituel annuel. L’an dernier, étant comme je suis (tête en l’air), j’ai oublié de la faire. Oups! Cette année, je ne voulais pas passer à côté! Après tout, c’est le premier jour du nouvel an! Je me suis assise dans ma cuisine pour fabriquer ce que j’appelle ma « roue d’inspiration ».

Il y a quelques années, j’avais plusieurs amies blogueuses qui en faisaient une petite routine, pendant les vacances des Fêtes. Elles se réunissaient pour faire ça en groupe, tout en papotant. Elles appelaient ça « la roue de vie ». Mon amie Julie Philippon en parle ici. On découpe plein de mots et d’images qui nous inspirent et on les colle sur un carton de forme circulaire.

Au centre de ma roue, je voulais écrire mon mot-phare: le mot qui donnera un sens à mes actions pendant l’année. (Julie en parle ici et ici, puis Manon Lavoie, de façon plus élaborée, par ici.) J’ai mis du temps à le trouver. J’étais bloquée… Je me suis quand même mise à la tâche.

En découpant mon carton, j’ai vu, par la fenêtre, la lune. Elle était grosse, ronde, brillante et fière, au-dessus de la maison de mon voisin. Elle semblait me regarder et me dire: « Allez! Confiance! » J’ai chuchoté: « Confiance. » Ça allait être ÇA, mon mot-phare! Il avait vibré en moi comme un diapason! J’ai peint mon carton (inspirée par la pleine lune, sans doute!) et y ai inscrit ce mot au centre, avec l’année.

Se faire confiance pour avancer. Avoir confiance en soi. (En plus, ça touche le thème de mon nouveau spectacle!) Faire confiance à la vie. Faire confiance à ceux qu’on aime. Faire confiance à notre entourage professionnel… C’est un mot plein de sens! Je suis certaine qu’il trouvera encore d’autres significations, au cours de l’année.

IMG_0693.jpegEn me voyant bricoler, deux de mes enfants ont voulu faire leur propre roue d’inspiration. Ma fille de 10-ans-bientôt-11 et mon fils de 8 ans se sont mis à chercher dans les magazines des photos et des mots qui accrochaient leur oeil.

Je ne savais pas s’ils comprenaient le principe… J’ai finalement été très étonnée du résultat! Je trouve que ça leur ressemble vraiment!

C’est une belle activité à faire avec les cocos! Ça donne « confiance » en la nouvelle année et on peut voir les valeurs qui sont importantes pour eux. Ça en est touchant.

Maintenant, il ne nous reste qu’à accrocher nos œuvres dans nos chambres respectives pour les avoir bien en vue toute l’année! (Et comme mon fils a mis le mot « propres », sur sa roue, je vais pouvoir le lui pointer, quand il ne voudra pas prendre son bain! Ha! Ha!)

Ah! J’allais oublier… Voici, nos roues! Comme vous pouvez le constater, nous avons chacun notre style! 😉

Pst! Vous montrer cela ici, c’est un peu comme vous partager un petit coin de mon jardin secret! Je le fais bien humblement, pour que vous puissiez voir ce dont il s’agit. À vos ciseaux, prêts, partez!

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La roue de mon garçon de 8 ans
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La roue de ma fille de 10-ans-bientôt-11
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Ma roue!

Créer le calme

La neige qui tombait tout doucement, aujourd’hui, m’a donné envie d’un dimanche calme, loin de toute pression. J’ai sorti mes pinceaux, mon cahier, ma peinture et je me suis assise à la table, avec une petite musique d’ambiance. Mes enfants, qui jouaient aux jeux vidéo, sont tous venus voir ce que je faisais. Puis, j’ai entendu trois « Moi aussi! »

Je leur ai fait une place à la table et nous avons pris plaisir à créer ensemble.

– Qu’est-ce que tu dessines, Maman?

– Je ne sais pas. J’y vais selon l’inspiration.

– Tu te laisses aller, comme grand-maman?

J’ai éclaté de rire. « Oui, exactement comme grand-maman! »

Ma mère suit des cours de peinture et s’épanouit de semaine en semaine. C’est tellement beau de la voir!

Alors, mes enfants et moi nous sommes laissés aller, comment grand-maman! C’était un très beau moment!

Voici mon œuvre!

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La neige qui tombait tout doucement, aujourd’hui, m’a donné envie d’un dimanche calme, loin de toute pression. J’ai sorti mes pinceaux, mon cahier, ma peinture et je me suis assise à la table, avec une petite musique d’ambiance. Mes enfants, qui jouaient aux jeux vidéo, sont tous venus voir ce que je faisais. Puis, j’ai entendu trois « Moi aussi! » Je leur ai fait une place à la table et nous avons pris plaisir à créer ensemble. « Qu’est-ce que tu dessines, Maman? » « Je ne sais pas. J’y vais selon l’inspiration. » « Tu te laisses aller, comme grand-maman? » J’ai éclaté de rire. « Oui, exactement comme grand-maman! » Ma mère suit des cours de peinture et s’épanouit de semaine en semaine. C’est tellement beau de la voir… Alors, mes enfants et moi nous sommes laissés aller, comment grand-maman! C’était un très beau moment! Voici ma création! #muses #mcommemuses #créerlemeilleurdesoi #inspiration #art #peinture #painting

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Il faut dire que nous avons aussi été inspirées par le magnifique livre Créer le meilleur de soi, de ma copine blogueuse Manon Lavoie. Si vous voulez créer le calme dans votre vie, c’est LE livre à lire! C’est de toute beauté et sans aucun doute la lecture la plus inspirante que j’ai faite depuis des années! Depuis que je déguste (c’est vraiment le mot!) les pages de ce bouquin, j’ai remis les crayons et les cahiers au centre de ma vie. Ça fait tant de bien à la girouette que je suis! Vous voulez en savoir plus? Allez voir le site de l’auteure: M comme muses.

Je vous souhaite d’oser prendre le temps de vous recentrer et vous détendre! Bon dimanche, les amis lunatiques!

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Coupable

« La culpabilité? On en accouche en même temps qu’on donne naissance à notre enfant! » se plaisait à lancer une de mes amies. Des fois, je me dis qu’elle n’a pas tort. En cette période estivale, on dirait que c’est encore pire!

En fait, je suis continuellement en train de gérer le travail que j’ai à faire et l’envie de profiter de l’été avec ma famille. Pour amplifier ce sentiment, j’ai l’impression de me faire bombarder de suggestions de sorties (le zoo, les baleines, l’aqua-parc Machin-Chouette, le parc thématique Truc-Muche, alouette!), d’images de monde en vacances, en voyage ou en camping. On monte dans la voiture pour aller faire quelques courses et on croise des motorisés gros comme des autobus, des voitures avec canots, kayaks ou vélos de montagne sur le toit. Et là, POUF! Ça me saute au visage: nous, qu’est-ce qu’on fait de cool, cet été?

« La vie d’artiste est pourtant si glamour! » vous dites-vous. Vous vous faites peut-être des scénarios incroyables de ce qu’on doit faire, pendant l’été. La réalité est parfois un peu plus… hum… ordinaire!

Ici, l’été, c’est le temps de travailler. Je travaille sur mon nouveau spectacle (je peaufine, j’ajuste, je corrige le tir), je veux tourner des images pour mes prochains clips, je sors donner des shows. Ce sont toutes des choses que j’adore, j’en conviens, mais ça occupe! Je travaille également à la pige sur les plateaux de tournage. Mon sonorisateur de chum travaille de longues heures hors de la maison, faute de remplaçant, à son boulot. Les soirs de semaine, c’est la valse d’un terrain de soccer à l’autre et, le weekend, c’est au tour de notre joueur de dek hockey de briller. Les semaines déboulent ainsi à une vitesse folle, depuis le début des vacances scolaires.

Quand j’entends mon réseau d’amis parler de tout ce qu’ils font pendant les vacances, je me trouve un peu « plate ». Depuis le début des vacances, nous essayons de prendre quelques jours de congé et nous n’y arrivons pas. Il y a toujours un contrat qui entre. Nous n’arrivons pas à refuser, car notre statut de travailleur autonome est précaire: dire non, ça veut parfois dire ne plus être rappelé! Évidemment, on ne veut pas se fermer des portes! Alors, les vacances se font reporter. Et encore. Et encore.

C’est là que la culpabilité embarque. Est-ce que je fais vivre de belles vacances à mes enfants? Vont-ils m’en vouloir, si on n’arrive pas à trouver le temps de faire un voyage? Vont-ils se souvenir d’une soirée de jeu de société en toute simplicité, de la crème glacée que nous avons mangée ou de notre sortie à vélo sous la pluie (voir la vidéo sur Facebook)?

Je poursuis ma réflexion. Qu’est-ce qui fait que des vacances sont mémorables, au fond? Passer du temps en famille? En amoureux? Est-ce que c’est le fait de changer la routine? De voir du pays? Quelles sont les activités essentielles? Vous savez, celles sans lesquelles ce ne seraient pas « les vacances »? Puis, est-ce si essentiel d’aller voir ailleurs si nous y sommes?

Ce foutu sentiment de culpabilité revient plusieurs fois par jour. Je prends le temps de surveiller mes cocos pour la cinquième baignade de la journée? Je me sens coupable de ne pas être en train de travailler. Je travaille sur mes projets? Je me sens « mère indigne » de ne pas être disponible pour que mes cocos puissent faire leur cinquième baignade de la journée! Je me sens sans cesse tiraillée entre le désir de prendre ça relaxe et le fait que la liste de choses à faire pour le boulot soit longue. Je ne me prends pas assez d’avance pour faire un souper? On grignote. Je grignote ma culpabilité, oui! Des fois, les quatre groupes alimentaires prennent le bord! Puis, la maison est en désordre. Il y aurait tant à faire pour qu’elle retrouve son éclat… La culpabilité salit mon esprit.

Hier matin, je suis tombée sur cet article de La Presse+. On y parle des gens qui choisissent de passer les vacances à la maison et même de la mode staycation. C’est comme si la vie me lançait un message: ce n’est peut-être pas si grave, de ne pas partir en voyage, durant l’été. Calme-toi, la mère!

Nous avons choisi de ne pas envoyer les cocos au camp de jour, cet été. Ayant des horaires atypiques, nous arrivons plutôt bien à nous relayer, mon homme et moi, auprès de nos chéris. Dans le pire des cas, on demande à un gardien ou une gardienne de venir passer la journée.

Quand j’étais jeune, mon père était enseignant. L’été, nous pouvions passer les vacances à la maison. J’adorais ça! Je souhaite permettre à mes enfants de vivre cette expérience: ne pas être pressé, relaxer, profiter de la piscine, jouer dehors, s’inventer des jeux… Je me dis qu’au fond, elle est peut-être là, notre richesse. À cette époque où le temps libre vaut de l’or, peut-être que c’est de ça que mes enfants se souviendront, quand ils seront grands. Après tout, je n’en ai jamais voulu à mes parents de ne pas avoir fait de voyage à Disney World ou à Cuba! Je les remercie de la liberté toute simple qu’ils m’ont permis de savourer.

Je suis curieuse… Comment ça se passe, chez vous, cet été? Pouvez-vous prendre des vacances du boulot? Organisez-vous vos vacances de A à Z ou laissez-vous de la place à l’improvisation? On est tous tellement différents, sur notre façon de gérer notre temps libre… Je trouve ça intéressant de voir ce qui est important pour vous!

Une chose est certaine: TOUT. EST. OK. Peu importe la façon de vivre nos vacances ou nos « pas de vacances », nous allons survivre et nous adapter. Essayons de rester zen, de vivre le moment présent (carpe diem!) et de trouver une façon de sourire, à chaque jour. Après tout, l’été, c’est la saison la plus chouette pour se permettre mille et un petits plaisirs à peu de frais. Puis, tant qu’à y être, pourquoi ne pas en profiter pour offrir à la culpabilité… ses plus belles vacances!

 

 

 

 

 

 

Quand une anecdote donne naissance à une pub

J’ai envie de vous raconter une tranche de vie. Dans la vie, je suis chanteuse (de formation), mais la vie m’a amenée à travailler également comme comédienne sur scène et au petit écran. En février dernier, j’ai vu passer un casting ouvert aux comédiens clients de la compagnie Rogers. Nous devions tout d’abord écrire à la directrice de casting pour lui raconter une anecdote s’étant passée avec notre téléphone. J’ai décidé de me lancer.

J’en ai raconté deux. Dans l’une d’entre elles, je racontais que j’étais artiste pour enfants, que je voyageais beaucoup et que mes enfants et moi nous servions beaucoup de FaceTime, pour communiquer. J’ai donc toujours mon téléphone avec moi, quand je suis sur la route. À tout moment, mes enfants apparaissent sur mon écran pour me raconter leur journée, me poser des questions (où sont mes bas de soccer, Maman?) ou me demander des bisous à distance. Cette histoire a touchée l’équipe de casting, qui m’a ensuite proposé de faire une vidéo d’audition. Je devais raconter mon histoire devant la caméra.

Je me suis préparée rapidement; je n’avais pas beaucoup de temps pour réaliser le tout. J’ai même demandé la collaboration de mes enfants, à leur arrivée de l’école. Puis, j’ai envoyé la vidéo, sans trop réfléchir.

L’équipe a aimé. La directrice de casting a proposé ma candidature à l’agence de pub, puis l’agence de pub a proposé ma vidéo à la compagnie Rogers.

Les jours ont passé. J’ai eu des meetings téléphoniques avec le réalisateur de Vancouver, le producteur de Toronto et l’équipe de création de Montréal. Je devais leur donner de la matière pour créer une pub qui allait nous ressembler et plaire à l’équipe de Rogers. « Est-ce que tes enfants font de la musique? Du sport? Que faites-vous quand vous êtes ensemble? » (Ici, je traduis, mais les appels-conférence étaient faits en anglais! Ouf! De quoi me dérouiller!) Quand ils ont su que deux de mes enfants allaient participer à un concours, Primaire en spectacle, et que nous aimions jouer de la musique, à la maison, ils ont décidé de prendre cette voie pour la création du scénario.

Finalement, le processus a suivi son cours et un mois et demi plus tard, nous tournions la publicité en question. C’est rare, des délais sont aussi longs, dans le monde de la pub.

L’équipe a travaillé de façon hyper-méticuleuse. Nous avons fait un essayage de costume à domicile; du jamais vu. Nous avons même reçu la visite du réalisateur de Vancouver et du producteur de Toronto à la maison. Ils voulaient rencontrer mes enfants pour qu’ils se sentent à l’aise, lors des jours de tournage. Je n’en revenais pas!

Nous avons été présents sur le plateau deux jours. Mes enfants (jumeau-jumelle de 10 ans) ont été extrêmement professionnels et patients. J’étais si fière d’eux!

Par la suite, je suis allée enregistrer la voix hors-champ en studio. J’ai eu le bonheur de faire ma voix en français, puis en anglais (même si j’ai un accent). Après tout, c’est la publicité qui représente le Québec! 😉

La publicité a été tournée avec un souci du détail, tant du côté « image » que du côté « émotion ». Le réalisateur voulait du « vrai ». Ce fut si agréable de travailler avec cet artiste talentueux et passionné! Mes enfants ne parlaient que de lui! Merci, Shaun!

Je tiens également à remercier Rogers, Tsu11Publicis Montréal, Casting Quarters, mon agente Lucie Charland, Daphnée Férole, de l’Agence Brigitte Rivet, ainsi que tous ceux qui ont participé à ce projet. Merci du fond du coeur pour votre confiance. Depuis que la publicité est en ondes, nous nous en faisons parler à tous les jours!

Tourner une publicité inspirée d’une anecdote de notre propre vie, ça n’arrive pas tous les jours! Ce fut une expérience des plus enrichissantes, pour mes enfants et moi. Cela restera assurément dans nos souvenirs de famille!

En terminant, voici la FAMEUSE publicité! (Version anglaise.)

(Je ne l’ai pas trouvée en français, en ligne, encore. Ça viendra sûrement! En attendant, je vous mets une captation faite avec un cellulaire, quand elle passe à la télévision!)

Et des photos souvenir…

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J’ai volé

Il y a plus d’un an, j’ai eu la chance de présenter une vitrine (extrait de spectacle) à la FrancoFête en Acadie. La FrancoFête, c’est un évènement où des producteurs, artistes et agents vendent leurs spectacles à des diffuseurs (salles de spectacle, festivals, municipalités, etc.). Il y a plusieurs évènements du genre, au Canada. La FrancoFête se tient à Moncton, au Nouveau-Brunswick.

Là-bas, j’y ai fait de belles rencontres. Par exemple, j’ai eu l’occasion de rencontrer une dame du Manitoba, responsable de la programmation au Centre culturel franco-manitobain. Elle a parlé avec mon agent, puis, peu après, je recevais une invitation à aller chanter à Winnipeg. C’était à l’automne 2015. Le mois de mai 2017 me paraissait alors bien loin! Or, nous y sommes, maintenant!

Le 8 mai dernier, nous devions planifier notre voyage : comment allions-nous faire voyager notre décor? Nous avons su que nous devions utiliser le service cargo de la compagnie aérienne, parce qu’un de nos emballages était trop grand. Nous ne savions pas comment cela fonctionnait. Ouf! C’était compliqué! Après deux heures à faire des appels, à mesurer et peser nos emballages, nous avons réussi à obtenir un prix et à aller de l’avant pour réserver la place pour nos précieuses illustrations géantes.

Jean-François (mon amoureux et partenaire, dans mon aventure lunatique) et moi avons bouclé nos valises le mardi 9 mai au matin. Nous devions arriver à l’avance à Dorval pour aller porter nos emballages à l’entrepôt du service cargo.

Arrivés sur place (merci, Google Maps!), nous avons fini par trouver le bâtiment. Nous nous sommes placés dans la file, mais rien n’indiquait que nous étions au bon endroit. Nous avons dû demander à quelques personnes comment cela fonctionnait, mais leurs réponses étaient minimales et floues. Notre voiture était entourée de gros camions et nous, de gens qui avaient l’air d’être des habitués de la place. Ma petite Anne-Lune mobile semblait minuscule, dans cet environnement. Et moi, je me sentais bien petite, dans mes culottes, avec mon décor de spectacle pour enfants! Hi! Hi!

J’ai vu arriver une cargaison de homards, puis de petits poussins qui faisaient « piou! piou! piou! ». C’était comique de voir tout ce qui voyage dans le ciel!

Nous avons fini par parler à un homme qui a pu nous aider. Nous avons pesé et mesuré à nouveau nos emballages, puis sécurisé le tout avec BEAUCOUP de « duck tape ». Avant de partir, j’ai demandé à JF de prendre une photo de moi avec mes emballages. « Au revoir, petits!  On se revoit à Winnipeg! » Ils ne doivent pas voir ça souvent, à l’entrepôt, des gens qui ont un tel attachement envers leurs colis!

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Par la suite, nous nous sommes rendus à l’aéroport pour arriver à temps pour notre vol. Nous avons stationné la voiture, attendu la navette (longtemps, pfff!), enregistré notre valise, passé la douane, dîné, marché pas mal (notre avion est arrivé à une autre porte que celle que celle qu’on nous avait indiquée), et, finalement, nous avons pu monter à bord de l’avion.

Cela prend environ deux heures et demie, sans escale, pour faire le voyage Montréal-Winnipeg. Il y a une heure de décalage avec le Québec.

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En arrivant, Hélène, la responsable de la salle de spectacle, est venue nous chercher. Nous sommes allés récupérer notre décor à l’entrepôt cargo, puis sommes allés préparer la scène à la salle de spectacle.

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Le mercredi matin, nous avons donné une représentation, puis nous avons pu profiter du reste de la journée pour aller visiter un peu la ville. Au menu: marche pour découvrir les principales attractions de St-Boniface, visite rapide du parc historique La Fourche (The Forks) et Musée canadien des droits de la personne de Winnipeg (c’est magnifique!). Nous avons donné un autre spectacle jeudi matin. Par la suite, nous avons repris l’avion vers la maison. Cette fois, notre décor a pris le même vol que nous jusqu’à Toronto, puis nous avons été séparés : nous avions une correspondance à prendre, alors que le décor allait faire le voyage Toronto-Montréal le lendemain matin. Nous avons dû retourner à Dorval pour le récupérer.

Quand j’étais petite, je voyais les artistes prendre l’avion et voyager avec leur musique. J’étais loin de m’imaginer qu’un jour, ce serait à mon tour de voler pour aller chanter, dans d’autres provinces de notre grand pays! Après avoir voyagé en avion en Alberta à deux reprises, puis à Matagami, à l’entrée de la Baie-James, voilà que j’ai pu visiter une ville du Manitoba. Et ce n’est pas fini! Le mois prochain, j’aurai le bonheur de me rendre à Vancouver, le temps de quelques spectacles! C’est vraiment chouette!

Je suis très fière, parce que nous travaillons très fort pour offrir des spectacles intéressants pour les enfants. Il y a trois ans et demie, nous avons mis notre petite boite de production sur pied. Depuis, nous apprenons de nouvelles choses à chaque jour. Nous avons la chance de compter sur une équipe solide et expérimentée, chez Pierre Gravel international, pour la gestion des engagements. D’ailleurs, je remercie mes collègues qui travaillent fort pour organiser ces voyages hors de notre province! Quand je pense à tout cela, je prends conscience de ma chance. Je la savoure, car je sais que c’est le rêve de bien des artistes!

Merci aussi à mes parents et à notre super gardienne Laurie qui prennent soin de nos cocos en notre absence. Sans vous, ces voyages ne seraient pas possibles!

Pour terminer, quel bonheur ce fut de vous présenter mon spectacle, amis du Manitoba! Merci pour votre accueil des plus chaleureux! J’espère avoir l’occasion d’aller vous revoir très bientôt! Je vous embrasse!

Je vous laisse avec quelques photos prises au cours de notre séjour!

Anne-Lune xx

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Le garçon aux p’tits oiseaux

Ou quand on ose proposer autre chose que la Pat’ Patrouille

Mon père est un passionné d’oiseaux. Plus que ça, en fait. C’est un passionné de photographie d’oiseaux. Les gens de son village le connaissent. Étant un grand marcheur, on peut l’apercevoir, armé de son téléobjectif, à l’affût du moindre battement d’ailes. Il a même un accès privilégié au terrain de certains citoyens, qui l’invitent à aller immortaliser les petites bêtes à plumes nichant chez eux.

C’est chouette, avoir un papa qui fait de la photographie d’oiseaux. Dans mon fil Facebook, j’ai une panoplie de clichés inspirant le calme et le grand air. J’apprends les noms des oiseaux, leurs particularités… C’est une belle passion qu’il partage avec nous, ses enfants, mais également avec son réseau.

Pour souligner l’anniversaire de mon plus jeune, mon père lui a écrit une magnifique lettre où il le comparait à un cardinal. Vous savez, ce bel oiseau rouge flamboyant? Fiston était tellement heureux… Il a gardé sa lettre précieusement.

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L’image accompagnant la lettre de mon père à son petit-fils. Une photo de cardinal prise à l’une de ses mangeoires. Crédit: Fabien Nadau

Puis, une semaine plus tard, ma mère m’a demandé: « Nous aimerions offrir un livre sur les oiseaux à ton coco. Penses-tu que c’est une bonne idée? Est-ce que ça fait « trop vieux »? » Hum. Bonne question! Dans les faits, le coco en question avait éclos huit ans auparavant… Un livre d’oiseaux en cadeau? Ben… pourquoi pas! Soyons fous! Faisons un pas à côté de la voie classique qui, elle, est parsemée de Playmobil, Lego, Beyblades et des personnages de la Pat’Patrouille!

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Le fameux livre reçu en cadeau. Crédit: Anne-Lune

Mes parents lui ont laissé le précieux sac, décoré d’un magnifique dessin de cardinal et débordant de papier de soie. Un vrai cadeau thématique!

À l’ouverture du sac, un point d’interrogation s’est dessiné dans le visage de fiston. Quand je lui ai expliqué ce que c’était, ses yeux sont devenus tout grands. Il s’est mis à le feuilleter frénétiquement. Il est tout de suite tombé sur la section « comment fabriquer une mangeoire », puis sur celle où l’on explique le mélange de graines à faire pour attirer tel ou tel type d’oiseau.

La fin de semaine suivante, je me suis rendue à la quincaillerie avec mon fils pour faire l’achat d’une mangeoire. Ça fait longtemps que j’en veux une, alors c’était un cadeau pour fiston, mais aussi pour moi! Nous avons finalement choisi un beau modèle de luxe: on voulait que nos oiseaux soient traités aux petits oignons! Hi! Hi!

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Roselin pourpré à l’heure de la collation. Crédit: Anne-Lune

Sur le chemin du retour, fiston me demandait sans cesse: « Quand est-ce qu’on arrive, Maman? » Il avait tellement hâte d’arriver à la maison et de montrer notre belle mangeoire à son frère, sa soeur et son père!

En arrivant à la maison, nous avons installé la mangeoire bien en vue, accrochée à une branche de l’arbre, devant notre maison. Chaque matin, nous nous faisons un plaisir d’observer les oiseaux qui viennent se remplir la panse: cardinaux, geais bleus, quiscales bronzés, juncos ardoisés, étourneaux sansonnets, sittelles à poitrine blanche, moineaux… Wow! Tant de couleurs et de formes différentes à admirer!

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Tourterelle triste et geai bleu, en file d’attente à la mangeoire. Crédit: Anne-Lune

Quand nous n’arrivons pas à reconnaître l’oiseau, nous cherchons dans le beau livre de mon garçon. Nous avons aussi débuté un cahier dans lequel nous notons la date et le nom des oiseaux que nous avons observés. C’est, en quelque sorte, un registre que nous pourrons consulter, au fil des années. Nous pourrons en apprendre davantage sur les migrations. Tout ça le ravit! Vous devriez le voir: il y a plein d’étoiles, dans ses yeux, quand il parle d’oiseaux. Puis, quand il part pour l’école, le matin, il me lance, complice: « Maman! N’oublie pas de regarder quels oiseaux vont venir, ce matin! »

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Notre registre « à la bonne franquette ». Crédit: Anne-Lune

La semaine dernière, une dame est allée faire une présentation sur les oiseaux, à l’école. Elle demandait aux enfants s’ils étaient capables d’identifier certaines espèces. À un moment, elle a montré l’image d’un pic. Les enfants ont tous répondu que c’était un pic-bois, sauf fiston, qui a précisé: « C’est un pic mineur. » La dame était, semble-t-il, bien impressionnée. J’étais bien fière de lui, quand il m’a dit ça… et lui aussi! « J’en ai vu un, quand je suis allé prendre une marche avec grand-papa! » m’a-t-il lancé, comme si c’était une évidence. Cré coco!

Après réflexion, j’ai l’impression d’avoir assisté à la naissance d’une passion. Mes parents ont osé offrir un cadeau « hors du commun » à mon enfant et je les en remercie. Ils ont allumé une étincelle. Est-ce une passion passagère? Peut-être. Peut-être aussi que ce cadeau restera gravé dans sa mémoire pour la vie! Ça ne m’étonnerait pas du tout!

Alors, osons! Osons sortir des sentiers battus et faire découvrir des choses aux enfants. Ils ne le réaliseront peut-être pas dans l’immédiat, mais un jour, ils vous remercieront peut-être de les avoir ouverts sur un nouveau monde!

 

P.S. Si vous souhaitez vous procurer ce livre, le titre est Le grand livre pour attirer les oiseaux chez soi, aux Éditions Broquet.

P.S. Un souvenir revient à ma mémoire, en écrivant ce texte (merci Maman!). En maternelle, mon autre fils rêvait d’avoir un livre sur le corps humain. C’est, encore une fois, ses grands-parents qui le lui ont acheté. Il avait fait une présentation sur le fonctionnement du système nerveux, dans sa classe. Ça m’avait tellement étonnée et impressionnée! Il voudrait devenir chirurgien. Il ne le sera peut-être pas, mais c’est beau de le voir rêver! Osons!

 

 

Sources photos:
‘Playmobil’ Producers Blast Weinstein Company in Cross-Complaint
https://www.lego.com/en-us/city/videos
http://www.nautiljon.com/animes/metal+fight+beyblade.html
http://hachette-jeunesse.com/paw-patrol-la-pat-patrouille

Qu’est-ce qu’elles ont, mes mains?

L’hiver, j’ai les mains gercées. En les observant, aujourd’hui, je me suis rappelé avoir écrit ce texte, du temps que je tenais le blogue Maternit-Anne. (Eh! Ça fait quand même plus de dix ans que je blogue!) Je vous le partage ici, parce qu’il est toujours d’actualité!

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Mes mains

La fin de semaine passée, je me suis fait demander, par une connaissance: « Oh! Mais qu’est-ce qu’elles ont, tes mains? Elles sont toutes rouges! »

J’aurais bien voulu répondre en long et en large. J’aurais voulu raconter que mes mains récurent des éviers, des bains, des douches. Qu’elles plongent dans l’eau pour frotter la vaisselle ou pour laver des visages, des petites fesses, des petits cheveux. Qu’elles font au bas mot une dizaine de brassées de lessive par semaine. Qu’elles détachent et plient des vêtements. Qu’elles accrochent des couches sur la corde. Qu’elles sortent les poubelles, le recyclage, le compost. Qu’elles paient des factures. Composent des numéros de téléphone. Qu’elles attachent des petits manteaux. Qu’elles gèlent, à l’extérieur, lorsque je dois enlever mes mitaines pour replacer un chapeau ou une mèche de cheveux qui traîne dans le visage d’un de mes enfants. Qu’elles passent sous l’eau et le savon à chaque fois que j’arrive à la maison. Chaque fois qu’un de mes enfants va au petit coin ou que je change une couche. Chaque fois que je prépare un repas. Que j’essuie un petit nez qui coule. Que je retourne à la préparation de la nourriture. Mes mains nourrissent.

J’aurais voulu répondre que mes mains battent la mesure. Qu’elles s’amusent sur les notes du piano ou les cordes de la guitare. Qu’elles immortalisent des souvenirs. Qu’elles communiquent à l’aide de gestes ou en chatouillant le clavier d’ordinateur. Mes mains, prolongement de ma pensée.

J’aurais voulu répondre que mes mains applaudissent les succès de l’un et de l’autre. Qu’elles essuient des larmes, flattent des dos, caressent des joues. Que même rugueuses, elles sont emplies de douceur.

J’aurais voulu exprimer tout cela. Mais comme je redoutais que l’on n’écoute la réponse, j’ai simplement dit: « Ben… Ce sont des mains de maman! »

(Présentes sur la photo: ma main et celle de mon plus jeune, quand il était bébé!)

Sortir de la boîte

Ce matin, j’ai vu une vidéo passer sur Facebook: Alike. C’est un court film d’animation au sujet du conformisme. En visionnant le film, j’ai pleuré. Ce sujet m’interpelle beaucoup. Quand on est jeune, on se fait vite mettre dans une boîte. Que veux-tu faire, dans la vie? Quel métier voudras-tu pratiquer? Tu veux faire un métier artistique? Oh! C’est beaucoup trop incertain, tu devrais plutôt choisir un métier stable.

Certaines personnes prennent un autre chemin que celui dont elles rêvaient et perdent leur couleur, deviennent fades, ternies. Les épaules arrondies par une routine qui ne leur convient pas, elles pratiquent un métier qui convient, sans plus.

De mon côté, je sais depuis le primaire que je veux faire de la musique mon métier. Depuis que mon frère m’a mis une guitare dans les mains, en fait. Même l’orienteur de école secondaire n’a pas réussi à me faire démordre de mon projet: je voulais aller au cégep, en musique. Elle m’a faire connaître le programme de musicothérapie, mais je l’ai vite balayé du revers de la main. C’est la scène, qui m’attirait!

J’ai eu la chance d’avoir des parents ouverts. Je me souviens très bien, quand j’ai dit à ma mère, en haut des escaliers: « Ce serait peut-être plus sage de faire un double DEC, en musique et sciences humaines… » Ce à quoi elle a répondu: « Pourquoi tu ne plonges pas seulement dans la musique? Ça fait des années que tu en parles. Fonce! » Forte de la bénédiction maternelle, je me suis inscrite en chant au cégep de Drummondville, puis au baccalauréat en interprétation jazz, à l’Université McGill. Sept ans d’études post-secondaire en musique. Quand même! 😉

À votre avis, combien d’enfants se font décourager, d’aller dans un métier artistique ou dans un métier qui les passionne, faute d’ouvertures? Combien de jeunes passent à côté de leur passion pour aller vers un emploi stable, plus payant, plus sûr?

Quand mes enfants sont entrés à la maternelle, j’ai eu un choc. Je me suis rendu compte à quel point ma vie n’entrait pas dans « le moule ». Le moule du métro-boulot-dodo. Du service de garde à tout prix. Du « on-ne-voit-ses-enfants-que-deux-heures-par-jour ».

Je me suis sentie à l’étroit. Je pleurais ma vie, en écoutant cette magnifique chanson de Charlie Winston (que je vous mets à la fin de ce billet). Pourquoi on m’imposait un système, une façon de vivre? J’ai pensé faire l’école à la maison pour garder ma liberté. Notre liberté. Or, j’ai eu peur. Peur de ne pas être à la hauteur, peur de ne pas être assez disciplinée. J’ai donc envoyé mes enfants à l’école, la mort dans l’âme.

Plus tard, j’ai essayé d’entrer dans la boîte. Après avoir été maman à la maison pendant quelques années, je me suis ramassée, au début de la trentaine, avec trois jeunes enfants, belle-maman de deux autres, et des rêves dans la tête… Je rêvais d’avoir les moyens d’avoir une plus belle et grande maison, de voyager, de leur permettre de vivre toutes sortes d’expériences incroyables. Découragée, je me suis dit que ce n’était pas avec le métier artistique que j’allais y parvenir… Je suis allée consulter un orienteur. Encore.

Après plusieurs rencontres, j’ai décidé de commencer un baccalauréat en travail social, à temps partiel, à l’UQÀM. Après quelques sessions, une longue grève est venue mettre une entrave à ma motivation (la fameuse grève de 2012). Pendant cette pause de cours, j’ai mis les bouchées doubles pour me trouver des contrats en musique et comme comédienne, puis je me suis rendu compte que j’arrivais à en vivre! Pas riche, certes, mais j’arrivais financièrement.

Quand est venu le temps de reprendre les cours, à l’automne, après plusieurs mois de grève, je n’y suis pas retournée. Terminer ma session à quatre soirs par semaine, avec ma vie de famille, c’était impossible. Puis, j’étais déterminée. J’ai toujours voulu vivre de ma passion. J’allais donc tout mettre en oeuvre pour que ça fonctionne.

À l’hiver, nous avons décidé, mon amoureux et moi, de démarrer notre projet de chansons pour enfants (à partir d’un livre-disque que nous avions créé quelques années plus tôt). Ce projet est devenu beau et grand, nous fait vivre une panoplie d’émotions et nous amène à nous dépasser continuellement.

Mes enfants ont des parents qui entrent difficilement dans le moule. Nous travaillons parfois les soirs, souvent les fins de semaine. Ils se font parfois garder plusieurs jours et nuits quand nous partons en tournée. D’autres fois, nous les amenons avec nous (je vous invite à lire cette belle aventure). Nous avons une maison modeste. Ça fait des années que nous n’avons pas voyagé en famille. Or, ils peuvent généralement venir dîner à la maison et ne fréquentent le service de garde qu’en cas d’extrême urgence. C’est le choix que nous avons fait pour avoir un équilibre.

Vous allez peut-être me dire: « Oui, mais toi, ce n’est pas pareil. Tu as du guts! » Non, je n’en ai pas plus que vous. Je suis une stressée, angoissée. J’ai plein de peurs, de craintes. Je ne suis pas toujours positive, j’ai mes hauts et mes bas. J’ai simplement pris la décision d’essayer des affaires, de prendre le contrôle sur ma vie, parce que personne ne peut le faire à ma place!

Ce matin, suite à l’écoute du film d’animation, j’ai envie de vous dire qu’avec toutes les facettes de notre personnalité, nous pouvons faire ce que nous voulons de notre vie. Soyons créatifs. Soyons ouverts. Osons sortir du moule. Soyons colorés et colorons le monde qui nous entoure. Soyons un modèle pour nos enfants: tout est possible. Soyons fous!

Come on darling
You can take my hand
Blowing kisses in the wind
We’ll fly away
In our dreams
From the boxes
They’ll put us in 

(Charlie Winston)

Les enfants ont cette capacité de s’émerveiller. Je sais que ce n’est pas toujours facile de prendre le temps pour cela, mais inspirons-nous d’eux. Faisons un détour pour admirer, découvrir un nouveau coin, un nouvel angle de notre vie rangée. Ne soyons pas des éteignoirs; soyons des phares. Soyons le feu de Bengale qui met des étoiles dans les yeux. Permettons à nos enfants de développer leurs passions et leur potentiel. Encourageons-les. Soyons à l’écoute de ce qu’ils veulent. Soyons fiers d’eux. Soyons fiers de nous.

En écrivant ces mots, je me le rappelle aussi à moi-même, car je suis comme vous: pressée, expéditive, soucieuse et paresseuse à l’occasion! J’y vais souvent par le chemin le plus court… Or, le chemin le plus long est parfois le plus riche en expériences de toutes sortes!

Alors, ce matin, je vous souffle des baisers dans le vent et vous emmène dans un rêve un peu fou. Fffffffffff!

Que feriez-vous si vous pouviez vous évader de la boîte? Qu’attendez-vous pour le faire?

Anne-Lune xxx