La création imparfaite d’un clip sur l’imperfection

Depuis le retour des vacances des Fêtes, je travaille sur le nouveau vidéoclip d’une chanson de mon album Mon baluchon. J’ai choisi la chanson On n’est pas des robots, parce qu’il me semble que nous avons besoin de rythme, en cette saison froide!

On n’est pas des robots est une pièce qui aborde l’importance de bien se connaître, de connaître ses défauts et ses qualités. C’est un outil de l’estime de soi que je présente, dans mon spectacle pour enfants Mon baluchon.

Je suis partie du montage vidéo que j’avais créé pour mon spectacle. (Ce sont les images qui défilent derrière moi, quand je chante.) Or, je n’ai pu résister à l’envie d’ajouter de la couleur, encore PLUS de couleur! J’avais envie que ce soit « punché » et que ça donne envie de danser!

Je voulais aussi qu’on voie un robot, dans cette vidéo. Hum… Comment allais-je le fabriquer? Je l’ai fait avec des matériaux recyclés que j’avais sous la main : de vieilles boîtes de carton, des bouchons de bouteille de jus, des petits bols de compote… J’ai même utilisé de la vieille peinture en galon qui a servi à peindre une pièce de la maison, il y a quelques années. Comme quoi avec un peu de débrouillardise et de créativité, on arrive à un résultat! Je le trouve pas mal du tout, mon robot! 😀

Nous avons tourné les premières images à la salle municipale de notre village. Un merci tout spécial à la municipalité de Saint-Damase pour sa généreuse contribution! C’est tellement apprécié! Nous avons eu un petit stress, le matin du tournage. Nous nous sommes rendu compte que Balthazar avait encore son costume de Noël, AVEC DU VERT et que nous allions tourner avec le « green screen »… Oups! Nous ne pouvions pas tourner les images avec notre sympathique personnage, car il serait disparu, avec la magie des effets spéciaux! Ça, c’est du grand Anne-Lune! J’oublie tellement souvent des petits détails du genre! Ce n’est pas pour rien que je porte ce nom!  Nous avons dû nous contenter de tourner les plans dans lesquels j’apparaissais seule, d’abord sur l’écran vert, puis dans l’ambiance « party » ou « spectacle », avec les lumières colorées.

La semaine suivante, après un changement de costume de lutin généreusement fait par la mère Noël (ma mère, une merveilleuse couturière!), nous avons pu tourner les images de Balthazar. Cette fois, le studio était dans notre cuisine! Ma famille a donc dû vivre quelques jours dans le désordre, le temps que je termine tous les plans! On en faisait quelques heures par-ci par là, à travers les pratiques de hockey des enfants, les auditions et tournages que je fais comme comédienne, les repas, les bordées de neige, ma chienne Soya qui demande de l’attention… Des semaines fort occupées! Vous seriez découragés de voir ça! J’ai même averti notre gardienne qu’elle ne fasse pas le saut en arrivant à la maison… J’étais gênée par l’état du rez-de-chaussée! Ha! Ha!

La fin de semaine dernière, j’ai terminé d’assembler le costume de robot. Celui-ci a pris tout son éclat quand je me suis maquillée. Oh! Ça fonctionnait bien! J’ai sorti le maquillage que j’utilisais, il y a quelques années, alors que j’étais maquilleuse pour enfants. Heureusement, je n’ai pas trop perdu la main!

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Après avoir tourné les plans avec le robot, au moment de me démaquiller, j’ai eu une petite crainte. Le gris s’étendait et ne voulait pas partir… Le problème, c’est que je tournais une publicité le lendemain! Pas question que je sois grise jusque dans les oreilles! Finalement, après avoir utilisé un démaquillant et un savon pour le visage, j’ai réussi à faire partir la couleur. Fiouuuuuuu! Disons que l’équipe de mon autre tournage n’aurait pas apprécié que la comédienne arrive avec du gris dans tous les creux de son visage! Eh lala!

Dimanche dernier, nous avons tourné les plans de Balthazar et moi ensemble. Par la suite, j’étais prête à faire le montage. J’avais tellement d’images à glisser dans la vidéo, cela me permettait de faire un montage très rythmé, comme je l’imaginais!

Évidemment, j’aurais pu peaufiner encore des heures et des heures. Je dois toutefois lâcher prise et vous dévoiler mon nouveau bébé! C’est l’aboutissement imparfait d’un clip portant sur l’imperfection, finalement!

La morale de l’histoire: Yo! On n’est pas des robots! 😉

Lire le communiqué.

Pst! Vous pouvez vous procurer les t-shirts inspirés de cette chanson ici!

Modèle pour femme (noir) et modèle pour enfant (gris)

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Coup de gueule: ben oui, j’ai des varices

Aujourd’hui, je vous partage mon coup de gueule, ma montée de lait. Ça ne m’arrive pas souvent d’écrire, dans ces moments-là. En temps normal, je bougonne chez moi, je sors le méchant le temps d’une sortie de course et ça finit par passer. Or, là, j’ai envie de communiquer mon état d’âme, au cas où ça pourrait réveiller certaines personnes. (Eh oui, je suis optimiste! J’ai encore foi en l’humanité!) Peut-être que ce billet va faire remonter à ta mémoire des expériences passées. Si tel est le cas, cher lecteur ou chère lectrice, sois assuré(e) de mon empathie.

L’an dernier, une mère est arrivée en même temps que moi, dans la cour d’école. Elle s’est approchée et m’a dit qu’elle entendait beaucoup parler de mon personnage jeunesse, à la maison. Ça me faisait plaisir d’entendre ça! Or, tout de suite après, elle a regardé le dessus de ma tête et m’a lancé: « Eh! Toi, là… T’as vraiment pas beaucoup de cheveux! » Ce qu’elle ne savait pas, c’est qu’à ce moment-là, j’étais en pleine crise de pelade. Mes cheveux tombaient par poignées et ma tête était dramatiquement clairsemée. J’étais dans une phase difficile pendant laquelle je déprimais juste à la vue de mon reflet devant un miroir (va lire ce billet, si tu veux en savoir plus). J’ai reçu ce commentaire comme une gifle au visage. Dans ma tête et dans mon cœur, la phrase a résonné comme « T’es bonne, mais t’es laide! » Pas moyen de me raisonner, ce commentaire m’avait fait mal. Comme si cette femme venait d’entrer sa main dans une plaie vive et avait tiré dessus pour l’ouvrir un peu plus. « Scroutch! » Cette dame m’a lancé les fleurs, puis le pot. C’est resté comme ça, les semaines ont passé et j’ai essayé de guérir mon petit cœur.

IMG_2500Hier, je suis allée au match de soccer de ma fille. Une mère (une autre!), qui marchait derrière moi, m’a dit: « Eh, as-tu une veine qui a éclaté, derrière ta jambe? » Je lui ai répondu: « Non, j’ai des varices » et j’ai continué ma conversation avec mon fils. Pffff! Déjà que ce n’est pas facile, d’avoir de grosses veines apparentes, pourquoi cette personne a-t-elle pris la peine de dire ça tout haut, devant tout le monde? Pensait-elle que je ne le savais pas? J’ai des varices à cause de la génétique, sans doute, mais aussi parce que je cours beaucoup. C’est un désagrément qui est purement esthétique. C’est un peu complexant, mais je ne m’empêcherai pas de porter un short pour ça! Ces mots ont quand même trotté dans ma tête, sur le chemin du retour.

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Marie-Denise Pelletier à l’émission Les échangistes – 13 juin 2017

Une fois les enfants couchés, j’ai attrapé un bout de l’émission de Pénélope McQuade, Les échangistes. Marie-Denise Pelletier y racontait qu’on avait parlé de ses cheveux pendant 10 ans, ce à quoi Pénélope a répondu, d’un air entendu: « Je ne sais pas du tout de quoi tu parles! » En effet, l’animatrice reçoit constamment des commentaires, sur les réseaux sociaux, au sujet de ses cheveux ou de ses vêtements. *Soupir*

 

Ça m’a fait réfléchir. J’ai pensé à la dame qui a passé un commentaire sur mes cheveux, puis à celle qui a passé un commentaire sur mes varices. J’ai pensé à tous les artistes et autres personnalités publiques qui reçoivent des vagues d’injures et des commentaires négatifs sur les réseaux sociaux, que ce soit par rapport à un trait physique, à leur style ou à leur coupe de cheveux…  Si j’ai été plutôt épargnée, jusqu’à maintenant, sur les réseaux sociaux, j’ai tout de même ressenti une grande sympathie envers mes collègues.

Pourquoi certaines personnes ont-elles tendance à lancer des flèches enflammées, ainsi? Par naïveté ou par méchanceté? Parce qu’elles savent que ça va faire de la peine et que tel est leur objectif? Si c’est le cas, c’est peu glorieux, non? Il me semble qu’il faut être soi-même bien mal dans sa peau pour ressentir le besoin de se remonter en rabaissant les autres…

Assise sur mon divan, hier soir, je repensais à mon spectacle sur l’estime de soi. Je me revoyais, le matin même, en train de dire à mon lutin Balthazar (et aux enfants pour qui je chantais, par le fait même) que ce n’était pas très gentil de passer des remarques aux autres sur leur apparence physique… Imaginez, j’essaie d’enseigner ça aux enfants et même les adultes ne peuvent se retenir de le faire!

On ne se le cachera pas: on le remarque, quand quelqu’un a les jambes marquées, qu’elle a perdu des cheveux, qu’elle a plus de rides, qu’elle a une cicatrice ou qu’elle a pris du poids… C’est juste qu’on n’est pas obligés de le lui faire remarquer: elle le sait déjà! On peut se passer la remarque à nous-même: « Tiens, elle a des rides! » On peut en jaser dans notre salon. C’est normal. Mais à quoi bon le dire à la personne? J’imagine ces personnes, devant leur téléviseur: « Ah ben, mautadine. Elle a des rides. Vite! Il faut que je lui écrive sur Twitter pour le lui dire. » Il me semble que c’est clair qu’elle ne sautera pas de joie en vous répondant: « Ah oui? Tu as remarqué? T’es trop fine! Ben oui, je suis TELLEMENT contente! J’AI ENFIN DES RIDES! « 

Il me semble que le monde a besoin de se faire encourager, de se faire dire qu’il est beau, d’avoir un peu d’amour. On n’a pas besoin de flèches! Ça n’avance à rien. Ça ne mène nulle part. Les flèches enflammées, ça ne sert à rien d’autre que de faire mourir l’autre à petit feu.

J’ajouterais qu’on est donc durs avec les femmes. On leur demande d’être parfaites, comme si elles étaient faites de plastique et n’avaient pas le droit d’avoir des signes du passage des années sur leur corps! Un homme perd ses cheveux? C’est correct, ça passe. Une femme les perd? On se sent obligé de lui faire la remarque ou pire, de lui faire tout un procès! Eh, on peut-tu prendre ça cool et arrêter de nous juger entre nous? Misère!

On n’est pas obligé d’aimer le look de tous et chacun. Mais je pense qu’on doit respecter les autres. Toute vérité n’est pas bonne à dire. On peut (on doit!) se garder une petite gêne! Surtout quand ce n’est pas constructif; comme le sont toujours les critiques en lien avec l’apparence physique.

Je me dis que le monde manque cruellement d’empathie. Selon le dictionnaire Larousse, l’empathie est « une faculté intuitive de se mettre à la place d’autrui, de percevoir ce qu’il ressent« . Ça se développe, l’empathie. Pour ça, il faut arrêter de se regarder le nombril et commencer à avoir de la considération pour les autres. « Tiens donc! Il y a des gens, autour de moi. Tiens donc! Ça se peut qu’ils aient des émotions! » En étant capable de se mettre à la place des autres, on diminue le risque de faire des commentaires plates, parce qu’on tient compte du fait que ÇA PUISSE BLESSER.

Si la personne aborde elle-même le sujet, c’est différent. Là, on peut en jaser; la porte est ouverte. Toutefois, si une femme a simplement « osé » porter un short au parc, alors qu’elle a des varices, ça ne lui tente probablement pas qu’on lui dise qu’elle n’a pas de belles jambes. Il me semble que c’est évident.

C’est rare que j’écris des textes « coup de gueule » comme celui-ci, mais je pense qu’il est essentiel de nous rappeler à tous de faire à attention à ce que nous disons et écrivons. Soyons empathiques : mettons-nous à la place de l’autre un seul instant. Lançons des compliments, plutôt que des commentaires ennuyants. Ramenons la délicatesse au goût du jour. On ne gagne rien à faire de la peine à quelqu’un. Au contraire, je crois fermement que l’avenir appartient à ceux qui sont gentils! ❤

Et toi, as-tu déjà vécu ce genre de situation délicate? As-tu envie de la raconter, question de te vider le cœur? Tu vas voir, ça fait du bien! En tous cas, moi, je me sens déjà plus légère! 😉

P.S. Si les femmes qui m’ont fait des commentaires me lisent, aujourd’hui, dites-vous que je vous pardonne, mais que je vous conseille fortement de faire attention aux commentaires que vous passez aux autres. Ça peut blesser. Voilà.