L’enfant qui lit

La vie de maman, ce n’est pas toujours rose. On a nos bons coups et… nos moins bons coups. Par exemple, certains de mes enfants rechignent sur à peu près toute la nourriture que je leur présente. D’autres ont des réactions vives, voire impolies, qui me font parfois douter de mes compétences parentales. Or, il y a une chose que je pense avoir réussie. Oui, une: celle d’avoir transmis l’amour de la lecture à mes enfants.

J’ai travaillé fort, pour ça! Ils n’avaient que quelques mois, quand je leur ai mis leurs premiers livres dans les mains. C’étaient des livres en plastique souple, qu’ils pouvaient traîner dans le bain et mâchouiller. Puis, vinrent les premiers livres cartonnés, les livres-disques, les auteurs d’ici et d’ailleurs. Je les ai inscrits à la bibliothèque dès leur jeune âge et nous la visitons encore régulièrement. Ils lisent également sur le iPad, quand on manque de lecture et que la biblio est fermée. J’ai tant de fois fait la lecture à mes petits, qui étaient blottis contre moi, sur le divan. Je me suis amusée à changer les voix des personnages et à changer le texte des livres qu’ils savaient par cœur. Maintenant qu’ils savent tous lire, nous essayons d’avoir, chaque soir, un moment de lecture et de calme, dans le lit, avant d’éteindre la lumière pour la nuit.

Hier, j’ai annoncé à mes enfants que nous allions les amener au Salon du livre de Montréal, aujourd’hui. Vous auriez dû voir leur réaction: ils étaient tellement contents! Ils l’étaient encore plus quand ils ont su que nous allions leur donner un petit budget pour qu’ils puissent se choisir des livres!

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Arrivés là-bas, je leur ai suggéré de faire le tour des kiosques, de prendre des photos des livres qui les intéressaient, puis de choisir leurs préférés. Or, ils bougonnaient… Ils voulaient tous aller directement au kiosque des livres qu’ils connaissaient, n’étaient pas ouverts à magasiner et parcourir les allées… Ouin. Pour l’ambiance, c’était un peu raté! Alors que je souhaitais leur faire plaisir et passer du bon temps en famille, je me retrouvais avec trois marabouts!

Heureusement, à un moment, ils sont arrivés au kiosque de la collection Big (ce sont des romans écrits avec de très gros caractères et ils les apprécient beaucoup). J’ai senti l’énergie changer. Les ondes se sont mises à vibrer: je les sentais tous les trois très excités et emballés d’avoir autant de choix! Ils ont décidé de choisir quelques livres dans ce kiosque. Ils ont même pu les faire dédicacer par les auteurs, qui étaient sur place. Ouf! Nous avions sauvé notre après-midi!

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Mon fils en compagnie de l’auteure Geneviève Guilbault

Par la suite, nous sommes revenus par un des premiers kiosques que nous avions visités pour faire nos derniers achats, puis nous sommes allés dîner. Nous avions apporté notre lunch et avons pu nous assoir dans l’espace Boîte à lunch (où il y a des tables, mais sans obligation d’acheter de la nourriture).

Les enfants avaient déjà le nez plongé dans leur livre, le sandwich d’une main et le roman de l’autre. Mon cœur était attendri! J’étais fière. Fière de l’héritage que nous avons réussi à passer à ces petits êtres. Quand on lit, on ne s’ennuie jamais!

Au retour, les cocos ont lu dans la voiture. À notre arrivée à la maison, ils ont lu encore. Avant le dodo aussi. De vrais passionnés! Trop mignon!

Si vous avez l’occasion, allez faire un tour au Salon du livre de Montréal, ce weekend! C’est jusqu’au lundi, 20 novembre. C’est vraiment impressionnant, tout ce qu’on y trouve et en plus, on y fait de belles rencontres! Si c’est trop gros, trop loin, trop « pas un bon moment » pour vous, prenez le temps d’aller visiter la bibliothèque de votre quartier. Il y a là aussi de belles découvertes à faire et, qui sait, peut-être de beaux moments de bonheur à partager avec vos enfants!

Sur ce, je vous laisse, j’ai de la lecture à aller dévorer! 😉

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J’ai volé

Il y a plus d’un an, j’ai eu la chance de présenter une vitrine (extrait de spectacle) à la FrancoFête en Acadie. La FrancoFête, c’est un évènement où des producteurs, artistes et agents vendent leurs spectacles à des diffuseurs (salles de spectacle, festivals, municipalités, etc.). Il y a plusieurs évènements du genre, au Canada. La FrancoFête se tient à Moncton, au Nouveau-Brunswick.

Là-bas, j’y ai fait de belles rencontres. Par exemple, j’ai eu l’occasion de rencontrer une dame du Manitoba, responsable de la programmation au Centre culturel franco-manitobain. Elle a parlé avec mon agent, puis, peu après, je recevais une invitation à aller chanter à Winnipeg. C’était à l’automne 2015. Le mois de mai 2017 me paraissait alors bien loin! Or, nous y sommes, maintenant!

Le 8 mai dernier, nous devions planifier notre voyage : comment allions-nous faire voyager notre décor? Nous avons su que nous devions utiliser le service cargo de la compagnie aérienne, parce qu’un de nos emballages était trop grand. Nous ne savions pas comment cela fonctionnait. Ouf! C’était compliqué! Après deux heures à faire des appels, à mesurer et peser nos emballages, nous avons réussi à obtenir un prix et à aller de l’avant pour réserver la place pour nos précieuses illustrations géantes.

Jean-François (mon amoureux et partenaire, dans mon aventure lunatique) et moi avons bouclé nos valises le mardi 9 mai au matin. Nous devions arriver à l’avance à Dorval pour aller porter nos emballages à l’entrepôt du service cargo.

Arrivés sur place (merci, Google Maps!), nous avons fini par trouver le bâtiment. Nous nous sommes placés dans la file, mais rien n’indiquait que nous étions au bon endroit. Nous avons dû demander à quelques personnes comment cela fonctionnait, mais leurs réponses étaient minimales et floues. Notre voiture était entourée de gros camions et nous, de gens qui avaient l’air d’être des habitués de la place. Ma petite Anne-Lune mobile semblait minuscule, dans cet environnement. Et moi, je me sentais bien petite, dans mes culottes, avec mon décor de spectacle pour enfants! Hi! Hi!

J’ai vu arriver une cargaison de homards, puis de petits poussins qui faisaient « piou! piou! piou! ». C’était comique de voir tout ce qui voyage dans le ciel!

Nous avons fini par parler à un homme qui a pu nous aider. Nous avons pesé et mesuré à nouveau nos emballages, puis sécurisé le tout avec BEAUCOUP de « duck tape ». Avant de partir, j’ai demandé à JF de prendre une photo de moi avec mes emballages. « Au revoir, petits!  On se revoit à Winnipeg! » Ils ne doivent pas voir ça souvent, à l’entrepôt, des gens qui ont un tel attachement envers leurs colis!

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Par la suite, nous nous sommes rendus à l’aéroport pour arriver à temps pour notre vol. Nous avons stationné la voiture, attendu la navette (longtemps, pfff!), enregistré notre valise, passé la douane, dîné, marché pas mal (notre avion est arrivé à une autre porte que celle que celle qu’on nous avait indiquée), et, finalement, nous avons pu monter à bord de l’avion.

Cela prend environ deux heures et demie, sans escale, pour faire le voyage Montréal-Winnipeg. Il y a une heure de décalage avec le Québec.

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En arrivant, Hélène, la responsable de la salle de spectacle, est venue nous chercher. Nous sommes allés récupérer notre décor à l’entrepôt cargo, puis sommes allés préparer la scène à la salle de spectacle.

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Le mercredi matin, nous avons donné une représentation, puis nous avons pu profiter du reste de la journée pour aller visiter un peu la ville. Au menu: marche pour découvrir les principales attractions de St-Boniface, visite rapide du parc historique La Fourche (The Forks) et Musée canadien des droits de la personne de Winnipeg (c’est magnifique!). Nous avons donné un autre spectacle jeudi matin. Par la suite, nous avons repris l’avion vers la maison. Cette fois, notre décor a pris le même vol que nous jusqu’à Toronto, puis nous avons été séparés : nous avions une correspondance à prendre, alors que le décor allait faire le voyage Toronto-Montréal le lendemain matin. Nous avons dû retourner à Dorval pour le récupérer.

Quand j’étais petite, je voyais les artistes prendre l’avion et voyager avec leur musique. J’étais loin de m’imaginer qu’un jour, ce serait à mon tour de voler pour aller chanter, dans d’autres provinces de notre grand pays! Après avoir voyagé en avion en Alberta à deux reprises, puis à Matagami, à l’entrée de la Baie-James, voilà que j’ai pu visiter une ville du Manitoba. Et ce n’est pas fini! Le mois prochain, j’aurai le bonheur de me rendre à Vancouver, le temps de quelques spectacles! C’est vraiment chouette!

Je suis très fière, parce que nous travaillons très fort pour offrir des spectacles intéressants pour les enfants. Il y a trois ans et demie, nous avons mis notre petite boite de production sur pied. Depuis, nous apprenons de nouvelles choses à chaque jour. Nous avons la chance de compter sur une équipe solide et expérimentée, chez Pierre Gravel international, pour la gestion des engagements. D’ailleurs, je remercie mes collègues qui travaillent fort pour organiser ces voyages hors de notre province! Quand je pense à tout cela, je prends conscience de ma chance. Je la savoure, car je sais que c’est le rêve de bien des artistes!

Merci aussi à mes parents et à notre super gardienne Laurie qui prennent soin de nos cocos en notre absence. Sans vous, ces voyages ne seraient pas possibles!

Pour terminer, quel bonheur ce fut de vous présenter mon spectacle, amis du Manitoba! Merci pour votre accueil des plus chaleureux! J’espère avoir l’occasion d’aller vous revoir très bientôt! Je vous embrasse!

Je vous laisse avec quelques photos prises au cours de notre séjour!

Anne-Lune xx

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Le garçon aux p’tits oiseaux

Ou quand on ose proposer autre chose que la Pat’ Patrouille

Mon père est un passionné d’oiseaux. Plus que ça, en fait. C’est un passionné de photographie d’oiseaux. Les gens de son village le connaissent. Étant un grand marcheur, on peut l’apercevoir, armé de son téléobjectif, à l’affût du moindre battement d’ailes. Il a même un accès privilégié au terrain de certains citoyens, qui l’invitent à aller immortaliser les petites bêtes à plumes nichant chez eux.

C’est chouette, avoir un papa qui fait de la photographie d’oiseaux. Dans mon fil Facebook, j’ai une panoplie de clichés inspirant le calme et le grand air. J’apprends les noms des oiseaux, leurs particularités… C’est une belle passion qu’il partage avec nous, ses enfants, mais également avec son réseau.

Pour souligner l’anniversaire de mon plus jeune, mon père lui a écrit une magnifique lettre où il le comparait à un cardinal. Vous savez, ce bel oiseau rouge flamboyant? Fiston était tellement heureux… Il a gardé sa lettre précieusement.

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L’image accompagnant la lettre de mon père à son petit-fils. Une photo de cardinal prise à l’une de ses mangeoires. Crédit: Fabien Nadau

Puis, une semaine plus tard, ma mère m’a demandé: « Nous aimerions offrir un livre sur les oiseaux à ton coco. Penses-tu que c’est une bonne idée? Est-ce que ça fait « trop vieux »? » Hum. Bonne question! Dans les faits, le coco en question avait éclos huit ans auparavant… Un livre d’oiseaux en cadeau? Ben… pourquoi pas! Soyons fous! Faisons un pas à côté de la voie classique qui, elle, est parsemée de Playmobil, Lego, Beyblades et des personnages de la Pat’Patrouille!

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Le fameux livre reçu en cadeau. Crédit: Anne-Lune

Mes parents lui ont laissé le précieux sac, décoré d’un magnifique dessin de cardinal et débordant de papier de soie. Un vrai cadeau thématique!

À l’ouverture du sac, un point d’interrogation s’est dessiné dans le visage de fiston. Quand je lui ai expliqué ce que c’était, ses yeux sont devenus tout grands. Il s’est mis à le feuilleter frénétiquement. Il est tout de suite tombé sur la section « comment fabriquer une mangeoire », puis sur celle où l’on explique le mélange de graines à faire pour attirer tel ou tel type d’oiseau.

La fin de semaine suivante, je me suis rendue à la quincaillerie avec mon fils pour faire l’achat d’une mangeoire. Ça fait longtemps que j’en veux une, alors c’était un cadeau pour fiston, mais aussi pour moi! Nous avons finalement choisi un beau modèle de luxe: on voulait que nos oiseaux soient traités aux petits oignons! Hi! Hi!

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Roselin pourpré à l’heure de la collation. Crédit: Anne-Lune

Sur le chemin du retour, fiston me demandait sans cesse: « Quand est-ce qu’on arrive, Maman? » Il avait tellement hâte d’arriver à la maison et de montrer notre belle mangeoire à son frère, sa soeur et son père!

En arrivant à la maison, nous avons installé la mangeoire bien en vue, accrochée à une branche de l’arbre, devant notre maison. Chaque matin, nous nous faisons un plaisir d’observer les oiseaux qui viennent se remplir la panse: cardinaux, geais bleus, quiscales bronzés, juncos ardoisés, étourneaux sansonnets, sittelles à poitrine blanche, moineaux… Wow! Tant de couleurs et de formes différentes à admirer!

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Tourterelle triste et geai bleu, en file d’attente à la mangeoire. Crédit: Anne-Lune

Quand nous n’arrivons pas à reconnaître l’oiseau, nous cherchons dans le beau livre de mon garçon. Nous avons aussi débuté un cahier dans lequel nous notons la date et le nom des oiseaux que nous avons observés. C’est, en quelque sorte, un registre que nous pourrons consulter, au fil des années. Nous pourrons en apprendre davantage sur les migrations. Tout ça le ravit! Vous devriez le voir: il y a plein d’étoiles, dans ses yeux, quand il parle d’oiseaux. Puis, quand il part pour l’école, le matin, il me lance, complice: « Maman! N’oublie pas de regarder quels oiseaux vont venir, ce matin! »

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Notre registre « à la bonne franquette ». Crédit: Anne-Lune

La semaine dernière, une dame est allée faire une présentation sur les oiseaux, à l’école. Elle demandait aux enfants s’ils étaient capables d’identifier certaines espèces. À un moment, elle a montré l’image d’un pic. Les enfants ont tous répondu que c’était un pic-bois, sauf fiston, qui a précisé: « C’est un pic mineur. » La dame était, semble-t-il, bien impressionnée. J’étais bien fière de lui, quand il m’a dit ça… et lui aussi! « J’en ai vu un, quand je suis allé prendre une marche avec grand-papa! » m’a-t-il lancé, comme si c’était une évidence. Cré coco!

Après réflexion, j’ai l’impression d’avoir assisté à la naissance d’une passion. Mes parents ont osé offrir un cadeau « hors du commun » à mon enfant et je les en remercie. Ils ont allumé une étincelle. Est-ce une passion passagère? Peut-être. Peut-être aussi que ce cadeau restera gravé dans sa mémoire pour la vie! Ça ne m’étonnerait pas du tout!

Alors, osons! Osons sortir des sentiers battus et faire découvrir des choses aux enfants. Ils ne le réaliseront peut-être pas dans l’immédiat, mais un jour, ils vous remercieront peut-être de les avoir ouverts sur un nouveau monde!

 

P.S. Si vous souhaitez vous procurer ce livre, le titre est Le grand livre pour attirer les oiseaux chez soi, aux Éditions Broquet.

P.S. Un souvenir revient à ma mémoire, en écrivant ce texte (merci Maman!). En maternelle, mon autre fils rêvait d’avoir un livre sur le corps humain. C’est, encore une fois, ses grands-parents qui le lui ont acheté. Il avait fait une présentation sur le fonctionnement du système nerveux, dans sa classe. Ça m’avait tellement étonnée et impressionnée! Il voudrait devenir chirurgien. Il ne le sera peut-être pas, mais c’est beau de le voir rêver! Osons!

 

 

Sources photos:
‘Playmobil’ Producers Blast Weinstein Company in Cross-Complaint
https://www.lego.com/en-us/city/videos
http://www.nautiljon.com/animes/metal+fight+beyblade.html
http://hachette-jeunesse.com/paw-patrol-la-pat-patrouille