Se brasser les fourmis

J’ai des fourmis dans les jambes. À ma connaissance, ce n’est pas de naissance. Je ne me souviens pas d’avoir ressenti une envie incontrôlable de bouger, quand j’étais petite. Or, depuis quelques années, c’est terrible! Pourtant, ça devrait se calmer en vieillissant, non?

Pour moi, rester assise longtemps, c’est presque de la torture! Regarder un film de plus de deux heures, au cinéma, ben… j’trouve ça vraiment long! (Disons qu’il a affaire à être bon en bébitte!) Quand je suis en tournage, je m’organise pour aller marcher, sur mon heure de dîner, afin de prendre un bol d’air et changer de posture. À la maison, si j’ai à être longtemps à l’ordinateur, j’utilise un ballon d’exercice pour pouvoir grouiller pendant que j’écris. Oui, c’est un peu intense, mon affaire. Je sais.

Le pire, pour moi? Passer une journée sans faire de sport. Si je ne vais pas courir ou prendre une marche, je CAPOTE! Je passe ma journée à essayer de trouver un moment, dans mon horaire, pour inclure une petite séance de bougeotte. Parfois, c’est l’énergie qui fait défaut, en soirée (surtout quand je me lève aux petites heures pour le boulot ou le hockey des enfants).

Plus tôt, aujourd’hui, j’ai ri de moi. Je faisais ma valise pour mon voyage en Ontario (où je vais donner des spectacles) et quelle a été la première chose que j’ai mise dedans? Ben oui! Mes vêtements de course! Je me suis demandé si j’étais la seule à agir de la sorte… Suis-je normale, docteur?

Là, vous allez peut-être vous dire: « Ok, Anne-Lune, tu n’y vas pas un peu fort? » Pas du tout! Si je ne sors pas bouger, je ressens des effets physiques et psychologiques. Je deviens une vraie p’tite nature: je digère moins bien, je dors moins bien et, ma famille vous le dira, je ne suis plus du monde! Je deviens impatiente, grognonne et têtue. Eh, là, là!

Dans ces moments-là, je sais ce que je dois faire: planifier une longue sortie de course. La semaine dernière, ça m’est arrivé: deux jours de tournage, puis une journée de spectacle et de temps en famille… Je n’ai pas pu courir… Alors dimanche, je suis allée courir 21 km. Toute seule. Sans musique. Avec le simple bruit de mes pas et des idées qui brassaient dans ma tête. Je me disais que:

Bouger, ça fait du bien au corps.
Ça fait du bien à l’âme.
Ça relâche les tensions.
Ça fait sortir le stress.
Ça favorise la créativité. Si vous saviez tout ce qui se passe dans ma tête, quand je cours!
Ça me rend fière. C’est quelque chose, choisir les chaussures de sport plutôt que le divan!
Ça me permet de trouver facilement le sommeil, le soir venu.
Ça me donne envie de bien m’alimenter, pour donner du bon carburant à mon corps. (Mais je suis loin d’être parfaite! J’aime bien les petits plaisir salés et sucrés! Hi! Hi!)
Ça m’aide à être plus concentrée.
Ça me donne l’impression d’avoir un certain pouvoir sur ma santé et sur ma vie en général.
Ça me fait du bien au moral, quand je suis déprimée ou anxieuse.
Ça me donne envie de me dépasser, de relever des défis. Et quand je me dis, pendant un marathon, que ce sera mon dernier (une vraie Dominique Michel! Fini-i-i!), le lendemain, je cherche à m’inscrire à une nouvelle course.
Ça me sort de ma zone de confort. Je me sens vraiment « wild » quand je m’inscris à une course loin de chez moi!
Ça me fait rencontrer plein de gens super intéressants et inspirants qui ont la même passion pour la bougeotte que moi! Si je m’entraîne généralement seule, je les fréquente sur des groupe de course à pied, sur les réseaux sociaux, et je les vois lors des courses officielles. Je ressens un grand bonheur et un sentiment d’appartenance à chaque fois!

En 2017, je continuerai à bouger. Je ne peux pas m’en empêcher. J’aurai le bonheur de bouger avec les enfants, avec mon tout nouveau spectacle. Je vais y inclure plein de chorégraphies pour défouler encore pluuuuuuuus! Youpi!

Je me suis amusée à faire un petit montage d’extraits de clips où je danse. Rien qu’à voir, on voit ben… J’ai la bougeotte! Hi! Hi!

Tenez-vous bien, les fourmis: vous n’avez pas fini de vous faire brasser! 😉

Source dessin de souliers de course

Le rêve olympien d’une lunatique sédentaire

Ces jours-ci, les Jeux olympiques battent leur plein à Rio, au Brésil. Comme à chaque édition, je suis émue de voir les athlètes à l’oeuvre. Que de détermination, de force, de discipline, de compromis, de rêve! Aujourd’hui, j’ai pensé vous partager mon parcours sportif et comment je me suis laissée inspirer par les athlètes olympiques.

Une enfant dans la lune et… assez sédentaire

Quand j’étais petite, je rêvais d’être olympienne. Je n’étais pourtant pas sportive… Étant la quatrième enfant d’une famille au revenu modeste, on ne m’inscrivait pas à des sports. J’ai donc appris à nager en observant mes parents, dans la piscine familiale. J’ai fait du vélo. J’ai marché… Vous savez, ces sports individuels qui ne coûtent pas une fortune!

À l’école, je n’étais pas particulièrement douée pour les sports. Je m’amusais à botter le ballon de soccer et je jouais au ballon chasseur, pendant les récréations. En sixième année, j’ai joué au basketball, sur l’heure du midi. J’ai bien aimé! Il fallait bien qu’il y ait des avantages à être grande!

L’hiver, je faisais du ski de fond avec ma famille. Nous n’allions pas dans les centres de ski ou de plein air. C’était mon père qui battait la piste, dans les champs et les boisés de notre village. Pendant les Jeux olympiques d’hiver, je me souviens m’être mise dans la peau de Myriam Bédard, la triple médaillée olympique en biathlon. Je m’imaginais que je filais comme l’éclair (même si je ne connaissais que le style « classique » et que j’avais de vieux skis!). Je me voyais sur un podium. Mais ça s’arrêtait là. Ma petite vie d’adolescente continuait. Je ne demandais pas à mes parents de m’inscrire à des cours ou à un club. Ça restait dans mes rêves, dans mon imaginaire.

Puis, au secondaire, les arts de la scène ont pris toute la place. Chorale, stage-band, harmonie, improvisation, théâtre, radio-étudiante, spectacle amateur, alouette… Si bien qu’il n’y avait pas de place pour le sport, dans mon horaire! N’ayant pas la piqûre, ça ne me manquait pas. En fait, je n’y pensais même pas! Ça me fait drôle de penser à ça, aujourd’hui!

Lunatique sédentaire 1

L’élément déclencheur

Un jour, il y a eu un prof. CE prof. Vous savez, le genre d’enseignant qui marque votre vie? J’avais 18 ans. J’étais dans un cours d’éducation physique, les yeux encore un peu endormis. Dans son petit « speech » du début du cours, il nous a dit que le sport, ça avait des bienfaits sur le corps dans l’immédiat et que ça allait aussi donner de la qualité à la fin de notre vie. On augmentait les chances de vivre plus vieux et en santé. Wow! Moi, j’avais le pouvoir d’ajouter de belles années à ma vie! Je n’en revenais pas. J’ai décidé de prendre le contrôle de ma santé.

C’est drôle qu’à 18 ans, cet argument ait changé ma façon de voir le sport. J’ai inclus des séances de cardio et de musculation à mon horaire. Voyant ma détermination et mon horaire serré, le prof ouvrait même le gym pour moi, le matin, quand il donnait son cours dans la pièce adjacente. Je n’en revenais pas! Depuis, je n’ai jamais arrêté de bouger, à part pendant mes grossesses (quand le ventre et le médecin ne me le permettaient plus!) ou tout juste après avoir accouché.

Mettre un pied devant l’autre

Depuis un peu plus de cinq ans, j’ai développé une passion pour la course à pied. Je courais d’abord avec ma poussette double (de type « remorque de vélo ») et mes jumeaux. Puis, quand j’ai eu mon petit dernier, je courais avec un seul enfant à bord de ma poussette « baby jogger ». Ça me procurait un bien immense! Influencée par mes amis, je me suis inscrite à mes premières courses, puis à un demi-marathon, puis à des marathons. La course me permet de m’évader, d’être seule avec moi-même, de réfléchir, de créer, de respirer le grand air, de voir les beautés de la nature et des saisons… Je cours autant l’hiver que l’été, de -40 à +40 degrés.

Il y a quelques mois, j’ai même pu me classer parmi les premières femmes et ce, à trois reprises. Oui, oui! Moi, la « pas sportive »! La « p’tite mère »! La « grande », un peu maladroite! Ce n’étaient pas de bien grandes compétitions, vous vous en doutez peut-être. Je n’étais pas parmi les élites, mais j’ai eu droit à mes petits moments de gloire, surtout dans mon for intérieur! Pour la femme au coeur d’enfant que je suis, j’avais atteint mon « rêve olympien » de petite fille. Pour moi, monter sur un podium, même dans une petite ville du Québec, c’était déjà beaucoup!

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Ma face de fille fière! Premier podium à vie! Demi-marathon d’Oka, 20 avril 2014

Aujourd’hui, je cours pour me dépasser moi-même, pas nécessairement pour dépasser les autres et monter sur le podium. C’est le plaisir de participer à de beaux événements avec des amis d’un groupe de course (vive Facebook pour les belles rencontres que j’y ai faites!), qui me plaît par-dessus tout. Il ne faut pas oublier le plaisir de m’entraîner, de prendre soin de moi, de me botter le derrière pour sortir prendre l’air à tous les jours (parce que non, ça ne me tente pas toujours!)… Le chemin qu’on parcourt AVANT le jour de la course est aussi – sinon plus – important que l’épreuve elle-même!

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En septembre prochain, j’allierai mes trois passions: les enfants, la musique et la course à pied. En effet, le Marathon Rock’n Roll Oasis de Montréal m’a demandé d’être, pour une deuxième année, ambassadrice pour le P’tit Marathon 1 km Tel-Jeunes. C’est fou quand je pense au chemin parcouru. Je suis passée de la jeune artiste lunatique à une carrière de chanteuse qui est… porte-parole d’un événement de course à pied pour les jeunes! Je ressens un grand bonheur à aider les enfants à développer le goût de bouger dès leur jeune âge!

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Anne-Lune, ambassadrice du P’tit Marathon 1 km Tel-Jeunes de Montréal, septembre 2015

Influence olympienne

Ces jours-ci, mes enfants aiment beaucoup écouter les compétitions des Jeux olympiques. Parmi leurs sports préférés, il y a la natation. Hier, j’étais attendrie de les voir faire des relais quatre nages, dans la piscine. Les générations se suivent et se ressemblent peut-être plus que ce que les médias rapportent. Les athlètes olympiques inspirent et font rêver. En tous cas, moi, je me laisse emporter par la frénésie des Jeux, comme lorsque j’étais enfant!

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Petit sportif concentré, août 2016

Et si nous nous laissions inspirer par ces athlètes qui font preuve de grande détermination dans l’atteinte de leurs objectifs, qui font tout pour réaliser leurs rêves? Ils ont beaucoup à nous apprendre et pas seulement du côté « sport »! Quand on veut, on peut. Mais pour pouvoir, il faut d’abord se mettre en action! Qu’attendons-nous pour nous mettre en marche vers nos objectifs? Et si nous nous donnions enfin la chance d’essayer?

*Pour inscrire vos enfants au P’tit Marathon 1 km Tel-Jeunes de Montréal et venir courir avec moi le 25 septembre prochain, c’est par ici!