Coupable

« La culpabilité? On en accouche en même temps qu’on donne naissance à notre enfant! » se plaisait à lancer une de mes amies. Des fois, je me dis qu’elle n’a pas tort. En cette période estivale, on dirait que c’est encore pire!

En fait, je suis continuellement en train de gérer le travail que j’ai à faire et l’envie de profiter de l’été avec ma famille. Pour amplifier ce sentiment, j’ai l’impression de me faire bombarder de suggestions de sorties (le zoo, les baleines, l’aqua-parc Machin-Chouette, le parc thématique Truc-Muche, alouette!), d’images de monde en vacances, en voyage ou en camping. On monte dans la voiture pour aller faire quelques courses et on croise des motorisés gros comme des autobus, des voitures avec canots, kayaks ou vélos de montagne sur le toit. Et là, POUF! Ça me saute au visage: nous, qu’est-ce qu’on fait de cool, cet été?

« La vie d’artiste est pourtant si glamour! » vous dites-vous. Vous vous faites peut-être des scénarios incroyables de ce qu’on doit faire, pendant l’été. La réalité est parfois un peu plus… hum… ordinaire!

Ici, l’été, c’est le temps de travailler. Je travaille sur mon nouveau spectacle (je peaufine, j’ajuste, je corrige le tir), je veux tourner des images pour mes prochains clips, je sors donner des shows. Ce sont toutes des choses que j’adore, j’en conviens, mais ça occupe! Je travaille également à la pige sur les plateaux de tournage. Mon sonorisateur de chum travaille de longues heures hors de la maison, faute de remplaçant, à son boulot. Les soirs de semaine, c’est la valse d’un terrain de soccer à l’autre et, le weekend, c’est au tour de notre joueur de dek hockey de briller. Les semaines déboulent ainsi à une vitesse folle, depuis le début des vacances scolaires.

Quand j’entends mon réseau d’amis parler de tout ce qu’ils font pendant les vacances, je me trouve un peu « plate ». Depuis le début des vacances, nous essayons de prendre quelques jours de congé et nous n’y arrivons pas. Il y a toujours un contrat qui entre. Nous n’arrivons pas à refuser, car notre statut de travailleur autonome est précaire: dire non, ça veut parfois dire ne plus être rappelé! Évidemment, on ne veut pas se fermer des portes! Alors, les vacances se font reporter. Et encore. Et encore.

C’est là que la culpabilité embarque. Est-ce que je fais vivre de belles vacances à mes enfants? Vont-ils m’en vouloir, si on n’arrive pas à trouver le temps de faire un voyage? Vont-ils se souvenir d’une soirée de jeu de société en toute simplicité, de la crème glacée que nous avons mangée ou de notre sortie à vélo sous la pluie (voir la vidéo sur Facebook)?

Je poursuis ma réflexion. Qu’est-ce qui fait que des vacances sont mémorables, au fond? Passer du temps en famille? En amoureux? Est-ce que c’est le fait de changer la routine? De voir du pays? Quelles sont les activités essentielles? Vous savez, celles sans lesquelles ce ne seraient pas « les vacances »? Puis, est-ce si essentiel d’aller voir ailleurs si nous y sommes?

Ce foutu sentiment de culpabilité revient plusieurs fois par jour. Je prends le temps de surveiller mes cocos pour la cinquième baignade de la journée? Je me sens coupable de ne pas être en train de travailler. Je travaille sur mes projets? Je me sens « mère indigne » de ne pas être disponible pour que mes cocos puissent faire leur cinquième baignade de la journée! Je me sens sans cesse tiraillée entre le désir de prendre ça relaxe et le fait que la liste de choses à faire pour le boulot soit longue. Je ne me prends pas assez d’avance pour faire un souper? On grignote. Je grignote ma culpabilité, oui! Des fois, les quatre groupes alimentaires prennent le bord! Puis, la maison est en désordre. Il y aurait tant à faire pour qu’elle retrouve son éclat… La culpabilité salit mon esprit.

Hier matin, je suis tombée sur cet article de La Presse+. On y parle des gens qui choisissent de passer les vacances à la maison et même de la mode staycation. C’est comme si la vie me lançait un message: ce n’est peut-être pas si grave, de ne pas partir en voyage, durant l’été. Calme-toi, la mère!

Nous avons choisi de ne pas envoyer les cocos au camp de jour, cet été. Ayant des horaires atypiques, nous arrivons plutôt bien à nous relayer, mon homme et moi, auprès de nos chéris. Dans le pire des cas, on demande à un gardien ou une gardienne de venir passer la journée.

Quand j’étais jeune, mon père était enseignant. L’été, nous pouvions passer les vacances à la maison. J’adorais ça! Je souhaite permettre à mes enfants de vivre cette expérience: ne pas être pressé, relaxer, profiter de la piscine, jouer dehors, s’inventer des jeux… Je me dis qu’au fond, elle est peut-être là, notre richesse. À cette époque où le temps libre vaut de l’or, peut-être que c’est de ça que mes enfants se souviendront, quand ils seront grands. Après tout, je n’en ai jamais voulu à mes parents de ne pas avoir fait de voyage à Disney World ou à Cuba! Je les remercie de la liberté toute simple qu’ils m’ont permis de savourer.

Je suis curieuse… Comment ça se passe, chez vous, cet été? Pouvez-vous prendre des vacances du boulot? Organisez-vous vos vacances de A à Z ou laissez-vous de la place à l’improvisation? On est tous tellement différents, sur notre façon de gérer notre temps libre… Je trouve ça intéressant de voir ce qui est important pour vous!

Une chose est certaine: TOUT. EST. OK. Peu importe la façon de vivre nos vacances ou nos « pas de vacances », nous allons survivre et nous adapter. Essayons de rester zen, de vivre le moment présent (carpe diem!) et de trouver une façon de sourire, à chaque jour. Après tout, l’été, c’est la saison la plus chouette pour se permettre mille et un petits plaisirs à peu de frais. Puis, tant qu’à y être, pourquoi ne pas en profiter pour offrir à la culpabilité… ses plus belles vacances!

 

 

 

 

 

 

Qu’est-ce qu’elles ont, mes mains?

L’hiver, j’ai les mains gercées. En les observant, aujourd’hui, je me suis rappelé avoir écrit ce texte, du temps que je tenais le blogue Maternit-Anne. (Eh! Ça fait quand même plus de dix ans que je blogue!) Je vous le partage ici, parce qu’il est toujours d’actualité!

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Mes mains

La fin de semaine passée, je me suis fait demander, par une connaissance: « Oh! Mais qu’est-ce qu’elles ont, tes mains? Elles sont toutes rouges! »

J’aurais bien voulu répondre en long et en large. J’aurais voulu raconter que mes mains récurent des éviers, des bains, des douches. Qu’elles plongent dans l’eau pour frotter la vaisselle ou pour laver des visages, des petites fesses, des petits cheveux. Qu’elles font au bas mot une dizaine de brassées de lessive par semaine. Qu’elles détachent et plient des vêtements. Qu’elles accrochent des couches sur la corde. Qu’elles sortent les poubelles, le recyclage, le compost. Qu’elles paient des factures. Composent des numéros de téléphone. Qu’elles attachent des petits manteaux. Qu’elles gèlent, à l’extérieur, lorsque je dois enlever mes mitaines pour replacer un chapeau ou une mèche de cheveux qui traîne dans le visage d’un de mes enfants. Qu’elles passent sous l’eau et le savon à chaque fois que j’arrive à la maison. Chaque fois qu’un de mes enfants va au petit coin ou que je change une couche. Chaque fois que je prépare un repas. Que j’essuie un petit nez qui coule. Que je retourne à la préparation de la nourriture. Mes mains nourrissent.

J’aurais voulu répondre que mes mains battent la mesure. Qu’elles s’amusent sur les notes du piano ou les cordes de la guitare. Qu’elles immortalisent des souvenirs. Qu’elles communiquent à l’aide de gestes ou en chatouillant le clavier d’ordinateur. Mes mains, prolongement de ma pensée.

J’aurais voulu répondre que mes mains applaudissent les succès de l’un et de l’autre. Qu’elles essuient des larmes, flattent des dos, caressent des joues. Que même rugueuses, elles sont emplies de douceur.

J’aurais voulu exprimer tout cela. Mais comme je redoutais que l’on n’écoute la réponse, j’ai simplement dit: « Ben… Ce sont des mains de maman! »

(Présentes sur la photo: ma main et celle de mon plus jeune, quand il était bébé!)

Sortir de la boîte

Ce matin, j’ai vu une vidéo passer sur Facebook: Alike. C’est un court film d’animation au sujet du conformisme. En visionnant le film, j’ai pleuré. Ce sujet m’interpelle beaucoup. Quand on est jeune, on se fait vite mettre dans une boîte. Que veux-tu faire, dans la vie? Quel métier voudras-tu pratiquer? Tu veux faire un métier artistique? Oh! C’est beaucoup trop incertain, tu devrais plutôt choisir un métier stable.

Certaines personnes prennent un autre chemin que celui dont elles rêvaient et perdent leur couleur, deviennent fades, ternies. Les épaules arrondies par une routine qui ne leur convient pas, elles pratiquent un métier qui convient, sans plus.

De mon côté, je sais depuis le primaire que je veux faire de la musique mon métier. Depuis que mon frère m’a mis une guitare dans les mains, en fait. Même l’orienteur de école secondaire n’a pas réussi à me faire démordre de mon projet: je voulais aller au cégep, en musique. Elle m’a faire connaître le programme de musicothérapie, mais je l’ai vite balayé du revers de la main. C’est la scène, qui m’attirait!

J’ai eu la chance d’avoir des parents ouverts. Je me souviens très bien, quand j’ai dit à ma mère, en haut des escaliers: « Ce serait peut-être plus sage de faire un double DEC, en musique et sciences humaines… » Ce à quoi elle a répondu: « Pourquoi tu ne plonges pas seulement dans la musique? Ça fait des années que tu en parles. Fonce! » Forte de la bénédiction maternelle, je me suis inscrite en chant au cégep de Drummondville, puis au baccalauréat en interprétation jazz, à l’Université McGill. Sept ans d’études post-secondaire en musique. Quand même! 😉

À votre avis, combien d’enfants se font décourager, d’aller dans un métier artistique ou dans un métier qui les passionne, faute d’ouvertures? Combien de jeunes passent à côté de leur passion pour aller vers un emploi stable, plus payant, plus sûr?

Quand mes enfants sont entrés à la maternelle, j’ai eu un choc. Je me suis rendu compte à quel point ma vie n’entrait pas dans « le moule ». Le moule du métro-boulot-dodo. Du service de garde à tout prix. Du « on-ne-voit-ses-enfants-que-deux-heures-par-jour ».

Je me suis sentie à l’étroit. Je pleurais ma vie, en écoutant cette magnifique chanson de Charlie Winston (que je vous mets à la fin de ce billet). Pourquoi on m’imposait un système, une façon de vivre? J’ai pensé faire l’école à la maison pour garder ma liberté. Notre liberté. Or, j’ai eu peur. Peur de ne pas être à la hauteur, peur de ne pas être assez disciplinée. J’ai donc envoyé mes enfants à l’école, la mort dans l’âme.

Plus tard, j’ai essayé d’entrer dans la boîte. Après avoir été maman à la maison pendant quelques années, je me suis ramassée, au début de la trentaine, avec trois jeunes enfants, belle-maman de deux autres, et des rêves dans la tête… Je rêvais d’avoir les moyens d’avoir une plus belle et grande maison, de voyager, de leur permettre de vivre toutes sortes d’expériences incroyables. Découragée, je me suis dit que ce n’était pas avec le métier artistique que j’allais y parvenir… Je suis allée consulter un orienteur. Encore.

Après plusieurs rencontres, j’ai décidé de commencer un baccalauréat en travail social, à temps partiel, à l’UQÀM. Après quelques sessions, une longue grève est venue mettre une entrave à ma motivation (la fameuse grève de 2012). Pendant cette pause de cours, j’ai mis les bouchées doubles pour me trouver des contrats en musique et comme comédienne, puis je me suis rendu compte que j’arrivais à en vivre! Pas riche, certes, mais j’arrivais financièrement.

Quand est venu le temps de reprendre les cours, à l’automne, après plusieurs mois de grève, je n’y suis pas retournée. Terminer ma session à quatre soirs par semaine, avec ma vie de famille, c’était impossible. Puis, j’étais déterminée. J’ai toujours voulu vivre de ma passion. J’allais donc tout mettre en oeuvre pour que ça fonctionne.

À l’hiver, nous avons décidé, mon amoureux et moi, de démarrer notre projet de chansons pour enfants (à partir d’un livre-disque que nous avions créé quelques années plus tôt). Ce projet est devenu beau et grand, nous fait vivre une panoplie d’émotions et nous amène à nous dépasser continuellement.

Mes enfants ont des parents qui entrent difficilement dans le moule. Nous travaillons parfois les soirs, souvent les fins de semaine. Ils se font parfois garder plusieurs jours et nuits quand nous partons en tournée. D’autres fois, nous les amenons avec nous (je vous invite à lire cette belle aventure). Nous avons une maison modeste. Ça fait des années que nous n’avons pas voyagé en famille. Or, ils peuvent généralement venir dîner à la maison et ne fréquentent le service de garde qu’en cas d’extrême urgence. C’est le choix que nous avons fait pour avoir un équilibre.

Vous allez peut-être me dire: « Oui, mais toi, ce n’est pas pareil. Tu as du guts! » Non, je n’en ai pas plus que vous. Je suis une stressée, angoissée. J’ai plein de peurs, de craintes. Je ne suis pas toujours positive, j’ai mes hauts et mes bas. J’ai simplement pris la décision d’essayer des affaires, de prendre le contrôle sur ma vie, parce que personne ne peut le faire à ma place!

Ce matin, suite à l’écoute du film d’animation, j’ai envie de vous dire qu’avec toutes les facettes de notre personnalité, nous pouvons faire ce que nous voulons de notre vie. Soyons créatifs. Soyons ouverts. Osons sortir du moule. Soyons colorés et colorons le monde qui nous entoure. Soyons un modèle pour nos enfants: tout est possible. Soyons fous!

Come on darling
You can take my hand
Blowing kisses in the wind
We’ll fly away
In our dreams
From the boxes
They’ll put us in 

(Charlie Winston)

Les enfants ont cette capacité de s’émerveiller. Je sais que ce n’est pas toujours facile de prendre le temps pour cela, mais inspirons-nous d’eux. Faisons un détour pour admirer, découvrir un nouveau coin, un nouvel angle de notre vie rangée. Ne soyons pas des éteignoirs; soyons des phares. Soyons le feu de Bengale qui met des étoiles dans les yeux. Permettons à nos enfants de développer leurs passions et leur potentiel. Encourageons-les. Soyons à l’écoute de ce qu’ils veulent. Soyons fiers d’eux. Soyons fiers de nous.

En écrivant ces mots, je me le rappelle aussi à moi-même, car je suis comme vous: pressée, expéditive, soucieuse et paresseuse à l’occasion! J’y vais souvent par le chemin le plus court… Or, le chemin le plus long est parfois le plus riche en expériences de toutes sortes!

Alors, ce matin, je vous souffle des baisers dans le vent et vous emmène dans un rêve un peu fou. Fffffffffff!

Que feriez-vous si vous pouviez vous évader de la boîte? Qu’attendez-vous pour le faire?

Anne-Lune xxx

Se brasser les fourmis

J’ai des fourmis dans les jambes. À ma connaissance, ce n’est pas de naissance. Je ne me souviens pas d’avoir ressenti une envie incontrôlable de bouger, quand j’étais petite. Or, depuis quelques années, c’est terrible! Pourtant, ça devrait se calmer en vieillissant, non?

Pour moi, rester assise longtemps, c’est presque de la torture! Regarder un film de plus de deux heures, au cinéma, ben… j’trouve ça vraiment long! (Disons qu’il a affaire à être bon en bébitte!) Quand je suis en tournage, je m’organise pour aller marcher, sur mon heure de dîner, afin de prendre un bol d’air et changer de posture. À la maison, si j’ai à être longtemps à l’ordinateur, j’utilise un ballon d’exercice pour pouvoir grouiller pendant que j’écris. Oui, c’est un peu intense, mon affaire. Je sais.

Le pire, pour moi? Passer une journée sans faire de sport. Si je ne vais pas courir ou prendre une marche, je CAPOTE! Je passe ma journée à essayer de trouver un moment, dans mon horaire, pour inclure une petite séance de bougeotte. Parfois, c’est l’énergie qui fait défaut, en soirée (surtout quand je me lève aux petites heures pour le boulot ou le hockey des enfants).

Plus tôt, aujourd’hui, j’ai ri de moi. Je faisais ma valise pour mon voyage en Ontario (où je vais donner des spectacles) et quelle a été la première chose que j’ai mise dedans? Ben oui! Mes vêtements de course! Je me suis demandé si j’étais la seule à agir de la sorte… Suis-je normale, docteur?

Là, vous allez peut-être vous dire: « Ok, Anne-Lune, tu n’y vas pas un peu fort? » Pas du tout! Si je ne sors pas bouger, je ressens des effets physiques et psychologiques. Je deviens une vraie p’tite nature: je digère moins bien, je dors moins bien et, ma famille vous le dira, je ne suis plus du monde! Je deviens impatiente, grognonne et têtue. Eh, là, là!

Dans ces moments-là, je sais ce que je dois faire: planifier une longue sortie de course. La semaine dernière, ça m’est arrivé: deux jours de tournage, puis une journée de spectacle et de temps en famille… Je n’ai pas pu courir… Alors dimanche, je suis allée courir 21 km. Toute seule. Sans musique. Avec le simple bruit de mes pas et des idées qui brassaient dans ma tête. Je me disais que:

Bouger, ça fait du bien au corps.
Ça fait du bien à l’âme.
Ça relâche les tensions.
Ça fait sortir le stress.
Ça favorise la créativité. Si vous saviez tout ce qui se passe dans ma tête, quand je cours!
Ça me rend fière. C’est quelque chose, choisir les chaussures de sport plutôt que le divan!
Ça me permet de trouver facilement le sommeil, le soir venu.
Ça me donne envie de bien m’alimenter, pour donner du bon carburant à mon corps. (Mais je suis loin d’être parfaite! J’aime bien les petits plaisir salés et sucrés! Hi! Hi!)
Ça m’aide à être plus concentrée.
Ça me donne l’impression d’avoir un certain pouvoir sur ma santé et sur ma vie en général.
Ça me fait du bien au moral, quand je suis déprimée ou anxieuse.
Ça me donne envie de me dépasser, de relever des défis. Et quand je me dis, pendant un marathon, que ce sera mon dernier (une vraie Dominique Michel! Fini-i-i!), le lendemain, je cherche à m’inscrire à une nouvelle course.
Ça me sort de ma zone de confort. Je me sens vraiment « wild » quand je m’inscris à une course loin de chez moi!
Ça me fait rencontrer plein de gens super intéressants et inspirants qui ont la même passion pour la bougeotte que moi! Si je m’entraîne généralement seule, je les fréquente sur des groupe de course à pied, sur les réseaux sociaux, et je les vois lors des courses officielles. Je ressens un grand bonheur et un sentiment d’appartenance à chaque fois!

En 2017, je continuerai à bouger. Je ne peux pas m’en empêcher. J’aurai le bonheur de bouger avec les enfants, avec mon tout nouveau spectacle. Je vais y inclure plein de chorégraphies pour défouler encore pluuuuuuuus! Youpi!

Je me suis amusée à faire un petit montage d’extraits de clips où je danse. Rien qu’à voir, on voit ben… J’ai la bougeotte! Hi! Hi!

Tenez-vous bien, les fourmis: vous n’avez pas fini de vous faire brasser! 😉

Source dessin de souliers de course

Regarder derrière pour mieux aller devant

Année 2016… Tu sembles avoir été difficile pour plusieurs d’entre nous. Maintenant que nous te laissons derrière pour mieux aller devant, comment te sens-tu? Heureuse, triste ou soulagée?

De mon côté, chère 2016, tu m’auras forcée à réaliser que je ne suis pas invincible. La perte de mes cheveux, due à la pelade, a miné mon moral pendant tout l’été, jusqu’à devoir les raser, au début septembre (vous pouvez lire mes textes Le jour où je suis devenue chauve, puis La dame au coco tout nu : La suite, sur le sujet). Quelle aventure, tout de même!

J’ai appris à aller au front et de tenter de faire tomber des tabous au sujet de la perte de cheveux. Cela peut sembler superficiel, mais non… Perdre ses cheveux, c’est avoir l’impression de perdre sa féminité, son identité. C’est se remettre en question. C’est inquiétant. Apeurant.

J’ai répondu à de nombreuses questions. Je suis même allée dans les médias. Puis, j’ai trouvé les outils pour continuer à travailler. J’ai appris à utiliser les perruques. Ça aussi, c’est un tabou. Les gens qui en portent n’en parlent généralement pas ouvertement. Pour ma part, j’ai décidé de « jouer » avec tout ça. D’assumer. C’est moins facile que je l’aurais cru.

Au départ, je ne portais pas mes perruques dans ma vie de tous les jours. Ce n’est que tout récemment que j’ai osé en porter à la maison. Cela peut vous paraître étrange, mais ça me fait parfois du bien de me voir avec des cheveux. Ça me permet de me coiffer, de me trouver « cute », de retrouver un brin d’estime de moi-même. Je réalise que je suis plus coquette que je le pensais!

Ma tête ressemble à un globe terrestre et on m’appelle Anne-Lune. Belle ironie que celle-ci, pas vrai?

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Il y a tout de même quelques avantages… Je peux porter plusieurs looks dans une même journée, ce qui ravit les coiffeuses, sur les plateaux de tournage! Tenez, je vous partage quelques photos de casting, pour le plaisir! 😉

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J’ai l’impression que cette aventure me rend plus forte. Je suis suivie par ma dermatologue. On souhaite que les cheveux repoussent bientôt! Je suis parfois découragée, mais j’essaie de garder le moral et de remettre tout ça en perspective. Ma santé globale n’est pas en jeu. À part les cheveux, ça va bien!

Côté boulot, 2016 aura été la troisième année de mon beau projet de chansons pour enfants. J’ai évolué et j’ai beaucoup appris sur le jeune public. J’adore les enfants et j’ai plein d’idées pour mon nouveau spectacle. C’est très motivant! J’ai déjà hâte de m’y remettre, en janvier.

2017… Que nous réserves-tu? As-tu hâte de montrer de quoi tu es capable?

Moi, j’aimerais que nous nous lancions un défi: celui de faire davantage de bonnes actions. Je me dis que c’est ainsi, qu’on change le monde. Que ce soit en prenant le temps d’appeler un ami, de lui payer un café, de nous impliquer dans notre communauté, d’offrir nos services, nos talents, notre oreille ou notre support à quelqu’un qui en a besoin, posons de bonnes actions. Je nous souhaite de devenir de meilleures personnes. Comme le bon vin qui vieillit! Ne soyons pas acides, amers ou bouchonnés! Soyons meilleurs!

À tous et à toutes, que 2017 soit une terre fertile, pour faire pousser du beau et du grand!

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Merci d’être à mes côtés, dans les joies, comme dans les moments difficiles! Vous faites mon bonheur!

Anne-Lune xx

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Les nerfs! Éloge de la patience

Quand on est petit, on apprend vite le mot: « Attends! » On doit apprendre à être patient. Selon son tempérament, on est plus ou moins patient. En tous cas, si la patience est tombée du ciel, à ma naissance, on dirait bien qu’elle est tombée complètement à côté de moi! J’ai toujours été un peu hyperactive et ouf… La patience n’a jamais été une de mes qualités. Il faut que ça bouge! Il faut que ça avance! La pire chose qu’on puisse me faire subir, c’est de me faire faire du surplace! Alors, vous vous imaginez bien que si je vous parle de patience, aujourd’hui, c’est qu’il y a eu un élément déclencheur… Même deux! Je vous raconte.

Prise de conscience numéro 1

Dernièrement, lors d’un meeting, je me suis fait demander par mon gérant (qui est aussi un véritable mentor, avec plus de cinquante années d’expérience dans le milieu artistique): « Anne-Lune, pourquoi es-tu si pressée?! »

Floush! J’ai reçu cette phrase comme un seau d’eau en plein visage! C’est comme s’il me disait de façon polie: « Eh, les nerfs, fille! »

Prise de conscience numéro 2

Cette année, avec mes enfants, nous avons décidé de faire des semis pour le jardin: de beaux plants de tomates bio! Ils ont pris plaisir à semer les graines dans de petits pots. Dès le lendemain, nous allions voir notre petite plantation pour voir si nous pouvions apercevoir « du vert ». Idem le jour suivant. Puis, même chose le jour d’après… Toujours sans voir une seule petite pousse! Je me suis dit que les enfants avaient peut-être poussé les graines trop profondément dans la terre, que j’aurais dû les surveiller un peu plus…

Ce n’est que deux semaines plus tard (peut-être même plus!) que nous avons enfin vu les premières pousses. C’est à ce moment que j’ai eu l’idée d’écrire ce billet. Ouaip. Dans la vie, il faut être patient. Il faut laisser la nature faire son oeuvre. De toutes façons, on a beau « tirer dessus », on ne peut pas aller plus vite que la nature!

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Eh, les nerfs! Il faut être PA.TI.ENT.

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Je me suis dit que l’on devrait peut-être s’inspirer de la lenteur de la nature. On chigne: « Le printemps n’arrive pas! On est en avril et on a des températures de février! » Eh, les nerfs! Il faut être PA.TI.ENT. Le printemps arrivera, comme à chaque année. Des preuves? Les plantes sont toutes émoustillées par le changement de lumière. Les bourgeons dans les arbres sont prêts à éclore. Les oiseaux migrateurs sont revenus. Il faut s’armer de patience!

 

 

 

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Photo publiée sur Instagram.com/annelisenadeau

Selon le dictionnaire Antidote, « s’armer de patience » signifie: « qualité de quelqu’un qui peut attendre longtemps, en gardant son calme ».

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À l’entraînement, comme dans d’autres sphères de la vie, c’est à force de constance et de patience que nous finissons par avoir des résultats. Photo publiée sur Instagram.com/annelisenadeau.

Dans quelques jours, cela fera cinq ans que je cours. Et je cours beaucoup! Je m’entraîne fort. Je suis un plan, je suis disciplinée et passionnée. Quand je cours un marathon, un demi-marathon ou une plus courte distance, puis que je ne « performe » pas à mon goût, je rechigne. Eh, les nerfs! Il faut être PA.TI.ENT. À l’entraînement, comme dans d’autres sphères de la vie, c’est à force de constance et de patience que nous finissons par avoir des résultats.

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La plupart des carrières ne se bâtissent pas en deux ou trois ans! Il faut être persévérant.

J’suis une p’tite vite. Dans mon projet artistique et mon entreprise, je voudrais que ça file comme l’éclair, qu’on reconnaisse mon travail, que je puisse voyager avec ma musique et faire ce que j’aime le plus au monde: donner des spectacles. Eh, les nerfs! Il faut être PA.TI.ENT. La plupart des carrières ne se bâtissent pas en deux ou trois ans! Il faut poser des actions chaque jour pour avancer. La reconnaissance viendra au fil du temps. Il faut être persévérant. (Je me parle fort, là. Il faut que j’intègre tout ça…! Ahoum!)

Selon le dictionnaire Antidote, la patience peut également signifier: « qualité de quelqu’un qui peut persévérer dans une entreprise, dans une activité sans se décourager.

Tout ça, c’est bon pour n’importe quel projet: apprendre à lire et à compter, à dessiner, à jouer d’un instrument de musique, à exercer un sport, à développer une amitié… Il faut être patient et indulgent envers nous-même… Laissons-nous une chance!

Quant à la patience avec les enfants… Hum! Ce n’est pas toujours facile, hein! En tant que parent, il nous arrive tous d’avoir la fumée qui nous sort par les oreilles (oui, oui! ça m’arrive aussi!). Cette patience-là, on doit l’exercer aussi… On apprend à se calmer, à se parler et à trouver des solutions… Même pour cet apprentissage-là, ça demande… de la patience! On ne s’en sort pas! Pffff!

On demande aux enfants d’être patients, mais au fond, le sommes-nous nous-mêmes? Nous voulons tout, tout de suite (ah! ça me fait penser à une chanson d’Ariane Moffatt!), on achète sans prendre le temps d’économiser préalablement, on ne prend plus le temps de rêver, on a la culture du fast-food, vite acheté, vite consommé, et quand ça prend un peu plus de temps qu’à l’habitude, on vire fou! On est de mausus de beaux modèles, hein! J’ai envie d’ajouter le hashtag: #not.

« Anne-Lune, pourquoi es-tu si pressée? » me demandait mon gérant, lors du dernier meeting. Après réflexion, je me dis que c’est probablement pour avoir à faire moins d’efforts, à long terme. C’est comme si mon cerveau se disait: « Si j’atteins tout de suite mes objectifs, je n’aurai pas à travailler fort et longtemps! » Ben oui! Simple de même! (Eh, le cerveau! Comme si, pour durer dans un projet, il ne fallait pas travailler… tout le temps! Pffff! Tu es dans les patates!) Or, pour le moment, le plus gros effort que j’ai à fournir, c’est d’exercer… ma patience! Patience, constance, persévérance!

Si vous êtes rendus jusqu’ici dans votre lecture, c’est probablement parce que le sujet vous interpelle. Si nous nous donnions un défi, vous et moi? C’est simple: essayons d’intégrer un peu de zénitude à notre quotidien. La prochaine fois que l’impatience nous montera au nez (oui, oui, ça se sent dans le nez, c’t’affaire-là!), nous prendrons une grande respiration et nous nous rappellerons notre nouveau mantra: « Eh, les nerfs! Il faut être PA.TI.ENT! »