Un matin comme les autres

Novembre. Le cadran sonne. Je suis au chaud dans mes draps. Il fait noir dans la chambre et je n’ai pas envie de me lever. Je fais comme si je n’avais pas entendu le cadran. Je pourrais peut-être mettre les deux mains sur mes oreilles et chanter « na-na-na-na » comme un enfant qui ne veut pas entendre ce que son parent dit? Ma conscience « adulte » me ramène à l’ordre: « Eh! T’es une maman et c’est l’heure de te lever! »

Je sors du lit et enfile mes pantoufles. Ah! Mes pantoufles… Il y en a une à laquelle il manque un bouton sur le côté et les semelles sont déchirées. C’est d’un chic! Mais elles sont si confortables!

IMG_8451.JPG

À ma sortie de la chambre, les enfants sont déjà en train de se faire à déjeuner. Ils grandissent à vue d’oeil! Ça bouge dans la cuisine. Si mes enfants mettaient leur bol de céréales sur la tête, ma cuisine aurait des airs de vraie fourmilière!

À travers le son du téléviseur du salon et de celui de la cuisine, celui du grelot de porte retentit. (C’est qu’on a eu la « bonne » idée de montrer à notre chienne à sonner le grelot accroché à la poignée de la porte, lorsqu’elle veut sortir faire ses besoins.) Une belle cacophonie que tout cela!

Puis, s’en suit le ballet des boîtes à lunch. Une, deux, trois! Un repas, parfois chaud, parfois froid, des collations, un breuvage… Oups! On est dus pour faire l’épicerie et on arrive au fond des boîtes. On se débrouille avec les moyens du bord, mais on est chanceux: nos enfants ont de quoi manger. Malgré le tintamarre matinal, la pensée que ce ne sont pas tous les enfants qui mangent à leur faim effleure mon esprit. Pincement au cœur.

Je m’assois à l’îlot pour déjeuner et boire un bon café latte. Ah, le café! J’aime tellement ça! C’est un petit bonheur dont je saurais difficilement me passer. C’est réconfortant, ça réveille en douceur et c’est bon! IMG_0694.JPG

J’écoute les nouvelles et j’entends les enfants se brosser les dents. Zzzzzzzz! Je reconnais le son de la brosse de mon fils qui a la brosse à dents électrique. Brsh, brsh, brsh pour les autres. Parfois, il faut insister un peu plus pour qu’ils décrochent de leurs youtubers préférés et poursuivent leur routine. D’autres fois, il faut séparer deux petits marabouts qui se bousculent dans la salle de bain parce qu’ils veulent utiliser le lavabo en même temps. Eh oui! Ça arrive chez nous aussi!

À l’occasion, en déjeunant, j’ai des examens ou des coupons réponse à signer. « Comment se fait-il que tu ne m’aies pas montré ça hier soir?! » Je soupire et m’exécute.

Puis, hop! C’est le temps de s’habiller pour partir! Un nouveau branle-bas de combat commence. On manque de place dans l’entrée, on essaie de faire son chemin pour se rendre jusqu’à notre manteau. L’amie de ma fille arrive. S’il ne pleut pas trop, je mets le harnais du chien et sa laisse. Je m’habille à mon tour. « J’trouve pas mes gants! » « Y é où mon manteau? » On cherche, pressés, les morceaux égarés. Des fois, ils partent avec des vêtements un peu dépareillés. Je dois dire qu’à l’automne, c’est pire que pire! Mais bon, je me dis qu’on n’est pas dans une pub de magasin de linge et qu’on ne mourra pas d’être habillés de façon… hum… colorée! 😉

bd-vetements-trop-petits

On marche vers l’arrêt d’autobus. Ma chienne tire sur sa laisse, tel un chien de traîneau dans le bois. Elle est tellement contente de sortir! Elle adore cette partie de la routine!

On passe le coin de rue, on salue la brigadière, qui retarde parfois un peu les autobus pour nous faire passer. Merci, Jocelyne! Ouf! On arrive à temps! On se fait la bise. Les enfants quittent et moi, je continue mon chemin avec ma petite boule de poil de 3 livres qui se prend pour un husky.

On passe devant l’ancienne école de mes enfants. Je salue les gens que je connais. Je vois de beaux sourires. Il arrive que j’arrête pour jaser avec une copine. On se donne des nouvelles, avant de continuer notre chemin. Dans la grisaille, des parents débarquent leurs enfants de la voiture, les embrassent, leur souhaitent une bonne journée. C’est beau à voir. Des fois, j’entends la voix d’un enfant me dire « Salut Anne-Lune! » Ça a l’effet d’un rayon de soleil qui perce les nuages et ça réchauffe mon cœur!

Au fil des mètres que je parcours,  le son change. La circulation se fait moins dense. Je retourne à mon quartier. Le bruit ambiant amorce un decrescendo. J’entends maintenant mes pas et ceux de ma chienne Soya. Tic, tic, tic, tic. (Il faut que je coupe ses griffes!) Je respire l’air frais. L’espace se fait, dans ma tête. Je savoure ma chance de pouvoir prendre ce moment, le matin, quand tout le monde part au travail. La vie de travailleur autonome est certes instable et imprévisible, mais elle comporte tout de même quelques avantages intéressants! C’est à ce moment que l’idée d’écrire ce texte me vient.

Je planifie ma journée, tout en marchant. Si quelques minutes plus tôt, j’avais envie de retourner me cacher sous mes draps, j’ai maintenant hâte de me mettre au travail. Je reviens à la maison avec l’embarras du choix. Par quoi vais-je commencer? Une séance d’entraînement? De la création? De la comptabilité? De l’écriture? De la gestion de réseaux sociaux ou de site Web? « Il y a tant à faire« , comme le chanterait Daniel Bélanger! Je n’ai pas le temps de m’ennuyer!

De retour à la maison, ma chienne Soya va se coucher sur son coussin et moi, je me mets à la tâche. Ce matin, c’était de vous écrire! 🙂

C’est un matin comme les autres, un matin de notre routine. Une chose est sûre, le matin est le premier coup de crayon du dessin de notre journée. Et vous, qu’avez-vous dessiné, ce matin?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s