Coup de gueule: ben oui, j’ai des varices

Aujourd’hui, je vous partage mon coup de gueule, ma montée de lait. Ça ne m’arrive pas souvent d’écrire, dans ces moments-là. En temps normal, je bougonne chez moi, je sors le méchant le temps d’une sortie de course et ça finit par passer. Or, là, j’ai envie de communiquer mon état d’âme, au cas où ça pourrait réveiller certaines personnes. (Eh oui, je suis optimiste! J’ai encore foi en l’humanité!) Peut-être que ce billet va faire remonter à ta mémoire des expériences passées. Si tel est le cas, cher lecteur ou chère lectrice, sois assuré(e) de mon empathie.

L’an dernier, une mère est arrivée en même temps que moi, dans la cour d’école. Elle s’est approchée et m’a dit qu’elle entendait beaucoup parler de mon personnage jeunesse, à la maison. Ça me faisait plaisir d’entendre ça! Or, tout de suite après, elle a regardé le dessus de ma tête et m’a lancé: « Eh! Toi, là… T’as vraiment pas beaucoup de cheveux! » Ce qu’elle ne savait pas, c’est qu’à ce moment-là, j’étais en pleine crise de pelade. Mes cheveux tombaient par poignées et ma tête était dramatiquement clairsemée. J’étais dans une phase difficile pendant laquelle je déprimais juste à la vue de mon reflet devant un miroir (va lire ce billet, si tu veux en savoir plus). J’ai reçu ce commentaire comme une gifle au visage. Dans ma tête et dans mon cœur, la phrase a résonné comme « T’es bonne, mais t’es laide! » Pas moyen de me raisonner, ce commentaire m’avait fait mal. Comme si cette femme venait d’entrer sa main dans une plaie vive et avait tiré dessus pour l’ouvrir un peu plus. « Scroutch! » Cette dame m’a lancé les fleurs, puis le pot. C’est resté comme ça, les semaines ont passé et j’ai essayé de guérir mon petit cœur.

IMG_2500Hier, je suis allée au match de soccer de ma fille. Une mère (une autre!), qui marchait derrière moi, m’a dit: « Eh, as-tu une veine qui a éclaté, derrière ta jambe? » Je lui ai répondu: « Non, j’ai des varices » et j’ai continué ma conversation avec mon fils. Pffff! Déjà que ce n’est pas facile, d’avoir de grosses veines apparentes, pourquoi cette personne a-t-elle pris la peine de dire ça tout haut, devant tout le monde? Pensait-elle que je ne le savais pas? J’ai des varices à cause de la génétique, sans doute, mais aussi parce que je cours beaucoup. C’est un désagrément qui est purement esthétique. C’est un peu complexant, mais je ne m’empêcherai pas de porter un short pour ça! Ces mots ont quand même trotté dans ma tête, sur le chemin du retour.

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Marie-Denise Pelletier à l’émission Les échangistes – 13 juin 2017

Une fois les enfants couchés, j’ai attrapé un bout de l’émission de Pénélope McQuade, Les échangistes. Marie-Denise Pelletier y racontait qu’on avait parlé de ses cheveux pendant 10 ans, ce à quoi Pénélope a répondu, d’un air entendu: « Je ne sais pas du tout de quoi tu parles! » En effet, l’animatrice reçoit constamment des commentaires, sur les réseaux sociaux, au sujet de ses cheveux ou de ses vêtements. *Soupir*

 

Ça m’a fait réfléchir. J’ai pensé à la dame qui a passé un commentaire sur mes cheveux, puis à celle qui a passé un commentaire sur mes varices. J’ai pensé à tous les artistes et autres personnalités publiques qui reçoivent des vagues d’injures et des commentaires négatifs sur les réseaux sociaux, que ce soit par rapport à un trait physique, à leur style ou à leur coupe de cheveux…  Si j’ai été plutôt épargnée, jusqu’à maintenant, sur les réseaux sociaux, j’ai tout de même ressenti une grande sympathie envers mes collègues.

Pourquoi certaines personnes ont-elles tendance à lancer des flèches enflammées, ainsi? Par naïveté ou par méchanceté? Parce qu’elles savent que ça va faire de la peine et que tel est leur objectif? Si c’est le cas, c’est peu glorieux, non? Il me semble qu’il faut être soi-même bien mal dans sa peau pour ressentir le besoin de se remonter en rabaissant les autres…

Assise sur mon divan, hier soir, je repensais à mon spectacle sur l’estime de soi. Je me revoyais, le matin même, en train de dire à mon lutin Balthazar (et aux enfants pour qui je chantais, par le fait même) que ce n’était pas très gentil de passer des remarques aux autres sur leur apparence physique… Imaginez, j’essaie d’enseigner ça aux enfants et même les adultes ne peuvent se retenir de le faire!

On ne se le cachera pas: on le remarque, quand quelqu’un a les jambes marquées, qu’elle a perdu des cheveux, qu’elle a plus de rides, qu’elle a une cicatrice ou qu’elle a pris du poids… C’est juste qu’on n’est pas obligés de le lui faire remarquer: elle le sait déjà! On peut se passer la remarque à nous-même: « Tiens, elle a des rides! » On peut en jaser dans notre salon. C’est normal. Mais à quoi bon le dire à la personne? J’imagine ces personnes, devant leur téléviseur: « Ah ben, mautadine. Elle a des rides. Vite! Il faut que je lui écrive sur Twitter pour le lui dire. » Il me semble que c’est clair qu’elle ne sautera pas de joie en vous répondant: « Ah oui? Tu as remarqué? T’es trop fine! Ben oui, je suis TELLEMENT contente! J’AI ENFIN DES RIDES! « 

Il me semble que le monde a besoin de se faire encourager, de se faire dire qu’il est beau, d’avoir un peu d’amour. On n’a pas besoin de flèches! Ça n’avance à rien. Ça ne mène nulle part. Les flèches enflammées, ça ne sert à rien d’autre que de faire mourir l’autre à petit feu.

J’ajouterais qu’on est donc durs avec les femmes. On leur demande d’être parfaites, comme si elles étaient faites de plastique et n’avaient pas le droit d’avoir des signes du passage des années sur leur corps! Un homme perd ses cheveux? C’est correct, ça passe. Une femme les perd? On se sent obligé de lui faire la remarque ou pire, de lui faire tout un procès! Eh, on peut-tu prendre ça cool et arrêter de nous juger entre nous? Misère!

On n’est pas obligé d’aimer le look de tous et chacun. Mais je pense qu’on doit respecter les autres. Toute vérité n’est pas bonne à dire. On peut (on doit!) se garder une petite gêne! Surtout quand ce n’est pas constructif; comme le sont toujours les critiques en lien avec l’apparence physique.

Je me dis que le monde manque cruellement d’empathie. Selon le dictionnaire Larousse, l’empathie est « une faculté intuitive de se mettre à la place d’autrui, de percevoir ce qu’il ressent« . Ça se développe, l’empathie. Pour ça, il faut arrêter de se regarder le nombril et commencer à avoir de la considération pour les autres. « Tiens donc! Il y a des gens, autour de moi. Tiens donc! Ça se peut qu’ils aient des émotions! » En étant capable de se mettre à la place des autres, on diminue le risque de faire des commentaires plates, parce qu’on tient compte du fait que ÇA PUISSE BLESSER.

Si la personne aborde elle-même le sujet, c’est différent. Là, on peut en jaser; la porte est ouverte. Toutefois, si une femme a simplement « osé » porter un short au parc, alors qu’elle a des varices, ça ne lui tente probablement pas qu’on lui dise qu’elle n’a pas de belles jambes. Il me semble que c’est évident.

C’est rare que j’écris des textes « coup de gueule » comme celui-ci, mais je pense qu’il est essentiel de nous rappeler à tous de faire à attention à ce que nous disons et écrivons. Soyons empathiques : mettons-nous à la place de l’autre un seul instant. Lançons des compliments, plutôt que des commentaires ennuyants. Ramenons la délicatesse au goût du jour. On ne gagne rien à faire de la peine à quelqu’un. Au contraire, je crois fermement que l’avenir appartient à ceux qui sont gentils! ❤

Et toi, as-tu déjà vécu ce genre de situation délicate? As-tu envie de la raconter, question de te vider le cœur? Tu vas voir, ça fait du bien! En tous cas, moi, je me sens déjà plus légère! 😉

P.S. Si les femmes qui m’ont fait des commentaires me lisent, aujourd’hui, dites-vous que je vous pardonne, mais que je vous conseille fortement de faire attention aux commentaires que vous passez aux autres. Ça peut blesser. Voilà.

 

7 réflexions sur “Coup de gueule: ben oui, j’ai des varices

  1. Il y a des adultes qui n’ont pas de filtre, à cause de leur manque d’éducation ou leur impulsivité (liée parfois à un déficit d’attention qui n’est pas disparu avec l’âge).

    Il existe aussi des gens qui ont la « critique facile » et malheureusement elle est rarement compatible avec l’empathie!

    Je vous trouve, les personnalités publiques, tellement fortes ! Personnellement je serais démolie à la moindre remarque… pas pour rien que je ne sois pas dans le domaine même si j’avais de l’intérêt…

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  2. Oh boy, ça me dit qqch… j’ai cessé il y a longtemps de compter le nombre de fois où on m’a demandé si j’avais eu un accident. J’ai longtemps eu une phobie des chaises roulantes parce qu’un prof innocent (ou inconscient, ou les deux) m’avait forcé de m’y asseoir lors d’une visite au zoo. C’est arrivé en 2e année, et quand j’ai été opéré, en secondaire 3, je braillais ma vie dans l’ascenseur… pas à cause de l’opération, mais parce qu’on me demandait d’y aller en chaise rouillante… Maintenant, j’ai appris à me faire une carapace très épaisse… qui me protège des commentaires mal embouchés, mais qui fait que je refuse de recevoir des compliments… oh well!… Petit truc qui ne sert à rien, mais qui fait du bien… prochaine fois, réponds à la personne qu’elle a un gros nez (sur le même ton)… ça fait du bien pis ça éduque… finalement, ça sert peut-être pas si tant à rien que ça!

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    • Ouf! C’est traumatisant, tout ça! Heureusement, vous êtes conscient de ce mécanisme de défense que vous vous êtes construit… Ça permet d’avoir un certain recul sur la situation et de pouvoir analyser vos propres réactions. De tout coeur avec vous, Gédéon. xx

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  3. WOW! Anne-Lise j’adore ce que tu as écris sur les varices… Plus on va s’assumer et plus ça ira mieux… J’ai remarqué que la confiance ne soi dérange et bien tant pis… Je me sens bien avec cette confiance même avec mes varices, mêmes avec des rides, même avec des cheveux blancs… Il y aura toujours des personnes  » pas de filtre », incapables de retenir leurs pensées déplaisantes ou déplacées…. Moi je me dis que si cette personne a du temps à perdre à remarquer les petits détails et que cela la dérange, je crois que c’est elle qui a un véritable problème. Un mal de vivre qui sait ? Vivre et laisser vivre ! Les traits physiques d’autrui ne sont pas de nos affaires… À moins que ce soit pour faire un compliment, dire une gentillesse. Tu as bien raison sur le fait qu’on enseigne des attitudes de respect et de bonne conduite à nos enfants. Et malheureusement, il y a des adultes qui se comportent comme des goujats. Il faut apprendre à se barricader face à ses commentaires, à poursuivre sa route avec forces et convictions. Je tiens à te félicite parce que tu as trouvé la force de mettre en mots cet inconfort que tu as vécu. Cette maladresse humaine si désobligeante ne doit plus être un obstacle à ton bien être.Je suis de tout coeur avec toi. Tu es merveilleuse et inspirante, continue de rayonner de cette façon !!! Bravo !

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